Les inquiétudes sur le déficit des États-Unis croissent et fragilisent le dollar

Déjà plusieurs semaines ont passé depuis que l'agence Standard & Poor's a placé le triple A de la note américaine sous surveillance négative. A ce moment, cet abaissement n'avait pas eu de conséquences et de nombreux responsables avaient jugé cela comme une avertissement ou une légère mise en garde. Aujourd'hui c'est au tour de Moody's d'abaisser la perspective de stable à négative et l'avertissement se ressent avec plus d'inquiètudes.

 

L'État en faillite

Aux États-Unis il existe une limite légale à l'endettement de l'État, ce plafond fixé par le congrès doit en théorie empêcher à l'État fédéral d'emprunter trop sur les marchés financiers. Cette limite peut être modifier par le même congrès, en Janvier déjà cette barrière avait dû être relevée pour cause d'un déficit la dépassant. Dès lors à ce moment la polémique avait gonflé, les républicains avaient eu du mal à se mettre d'accord avec les démocrate, mais au final le congrès avait réussi à remonter la limite.

Aujourd'hui et depuis Mai, le déficit a encore largement dépassé ce plafonnement. Néanmoins en ce temps un accord entre démocrates et républicains risque d'être bien moins aisé à trouver. Comme nous le savons tous, Barack Obama appartient au parti démocrate, cependant c'est la droite qui est majoritaire à l'assemblée. De surcroît la maison blanche a accueilli il y a peu des dizaines de représentants américains pour discuter du budget. Ceux ci sont fermement opposés à la politique actuelle et proposent de s'attaquer sérieusement à la dette en mettant un terme à l'Etat providence. Bien entendu se faisant par de grandes coupes dans les dépenses publiques et notamment le système de santé. Les républicains ne veulent pas augmenter le plafond tant que l'exécutif ne redresse pas ses finances publiques. Au dernier vote, une hausse du plafond de 2 400 Milliards a été rejeté à 318 voix contre 97. Le congrès a jusqu'au 2 Aout pour relever le plafonnement, sinon l'État devra renvoyer ses fonctionnaires.

 

Un déficit sans précédent et un président impopulaire

Depuis maintenant 3 ans le déficit budgétaire des États-Unis est de 10% du PIB chaque année, c'est un déficit double de celui de la zone euro qui au passage dit on subit une crise des dépenses publiques. La menace de standard & Poor's et de Moody's n'a sensiblement pas ébranlé le moral des investisseurs, les taux longs obligataires n'ont pas augmenté ce qui montre que la finance croit encore en la sagesse du congrès. Néanmoins cela n'a pas empêché les spéculateurs de vendre du dollar et de tirer par le bas les places boursières mondiales ces derniers jours.

L'annonce de la mort d'Oussam Ben Laden avait fait remonter les opinions publiques pour le président américain, aujourd'hui une toute autre ambiance est de mise. Un récent sondage a montré toute l'impopularité de Barack Obama, dans cette enquête près de 59% des participants ont répondu être défavorable à la politique actuelle. C'est 4 point de plus qu'en Mai, cela s'explique par le poids de la hausse du prix de l'essence, aussi par le ralentissement des créations d'emplois qui sont trois inférieures aux prévisions, mais surtout par le risque de perdre le AAA. Obama n'a toujours pas proposé de plan clair pour viser à réduire les dépenses publiques, les agences émettent des doutes sur la fiabilité de la dette américaine. C'est le manque de réactivité de l'exécutif que dénonce la population, perdre le triple A engendrerait une profonde crise de confiance sur les marchés obligataires et monétaires et les américains le savent.  

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