L'Amérique sous pression des déficits publics

De nombreux économistes s'y attendaient, c'est tombé il y a déjà un peu plus d'une semaine. La note de la dette américaine est passée de stable à négative pour l'agence Standard & Poor's. La note n'est évidemment pas dégradée mais elle pourrait l'être plus tard si aucune mesure n'est prise.

 

L'Europe fait du bruit mais les USA pourraient en faire d'avantage

Depuis plus d'un an on ne cesse d'entendre les médias marteler la crise de la dette publique en Europe. A tour de bras les agences de notations n'ont cessé de dégrader des pays en difficulté, ainsi le Portugal, la Grèce, l'Espagne et l'Irlande ont vu grimper leur taux obligataire.

La situation européenne n'est pas du tout encore arrangée mais aujourd'hui c'est des Etats-Unis que l'on parle. La plus grosse économie de ce monde n'a donc pas su se garder des foudres de la dette. C'est peut être la plus puissante économie, néanmoins cela reste aussi un des pays les plus endetté, on dramatise les pays du vieux continent mais la dette américaine est largement supérieure à la dette anglaise qui elle se situe autour de 77% de PIB en 2010 alors que les USA sont à 91,6%.

Cependant il faut nuancer, ce n'est pas un drame. Les États-Unis sont toujours placés sous le signe bienveillant du AAA par toutes les agences. Cette perspective négative sonne plus comme un avertissement que comme une réelle sanction. Il y a concrètement assez peu de chances que la note soit véritablement dégradée vers un AA ou un AA+.

Par ailleurs le dollar semble clairement fléchir ces derniers jours. Suite à l'annonce de cette perspective, les parités concernées sont sorties de leur range en cassant des plus hauts. On pense notamment à la paire GBP/USD(livre stirling/dollar américain) qui inscrivait une réelle dynamique de range (en élargissement) depuis plusieurs semaines. Le 18 Avril date de la news, la séance a été haussière sur le cross et les jours qui ont suivi ont marqué l'accélération en tendance haussière cassant de puissants niveaux de résistance.

 

Un souci politique aussi

Cette annonce n'a pas eu l'effet d'unifier les partis, chacun campe sur ses positions. Le jeu du chat et de la souris pourrait en amuser plus d'un, néanmoins la politique actuelle a besoin d'un consensus pour avancer sur ses projets.

Les démocrates proposent une politique d'imposition des plus riches alors que les républicains désirent une plus forte libéralisation de l'économie en taillant dans les dépenses publiques. Sensiblement la question ne divise pas les démocrates ni les républicains mais les modérés. Si Barack Obama a su les séduire durant se campagne, aujourd'hui une partie de l'électorat ne semble plus trop le suivre. Il est pourtant absolument nécessaire d'éviter une paralysie idéologique, peut être qu'une des deux politiques serait meilleure que l'autre mais ce qui est sûr c'est que l'une ou l'autre vaut toujours mieux que rien. Ainsi Nancy Pelosi chef de fille du parti démocrate à la chambre déclare: «  Les deux camps doivent participer au processus lancé par le président la semaine dernière afin de démontrer notre détermination à réduire nos déficits de manière concertée ».

En conclusion on retient un événement majeur qui remet en question la politique budgétaire des États-Unis actuellement. Cependant si les projets de réduction des déficits sont correctement mis en place il n'y a aucune raison que la perspective ne revienne pas vers stable. En tout cas pour l'instant le dollar se déprécie à bon train.

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  1. Ils sont fort les américains pour donner des leçons, mais on dirait bien qu'ils ne sont finalement pas plus malins que nous ! :P

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