La stagflation s'installe dans l'union européene

La stagflation correspond à une période particulièrement néfaste pour l'économie. Elle se matérialise par une inflation soutenue mais une croissance faible. Ce n'est pas nouveau, dans les années 70 le monde avait déjà du faire face à cette menace et en avait payé lourdement le prix.

 

Une croissance fébrile dans la zone Euro

L'Europe paye encore les conséquences de la crise. En effet, au départ une crise de la dette privée, c'est aujourd'hui une crise de la dette publique. Face à l'augmentation des taux longs et aux dégradations des notes des pays méditerranéens, les Etats européens ont été contraints d'adopter des plans d'austérités.

La conséquence directe de ces plans est assez évidente, c'est un ralentissement de la croissance. Bien que avérée, celle si s'en trouve d'autant plus fragilisée. Selon les experts, la croissance dans la zone euro sur l'année 2011 ne devrait ainsi pas dépasser les 1,75%.

 

Une inflation qui s'envole

L'inflation ne cesse de croître ces derniers mois. Ceci dit, cette augmentation des prix est toute relative, il n'y a que les matières premières et notamment les produits énergétiques qui voient s'envoler leurs prix. Sans considérer ces produits là, on observerait très probablement une déflation généralisée. Ainsi ce n'est pas une hausse du coût du travail que l'on note. Dans ce sens, l'inflation n'apporte aucun accroissement du pouvoir d'achat et même apporte une dépréciation de celui ci puisque les consommateurs payent le surcoût lié à la hausse de ces matières premières. Sous cette forme il est difficile de parler d'inflation globale et surtout d'agir dessus puisque celle ci est directement importée.

 

Une nouveau genre de stagflation

Dans une situation de simple crise déflationniste, la solution trouvée par les banques centrales consiste à pratiquer une opération non conventionnelle appelée « assouplissement quantitatif » ou plus connu sous sa dénomination anglophone « quantitative easing » souvent abrégé QE. Cette méthode est employée lorsque l'abaissement du taux directeur à 0 ne suffit pas à relancer la hausse des prix. Ainsi la banque centrale emploie la version moderne de la planche à billet, elle fait cela en achetant massivement des bons du trésors et d'autres actifs financiers. De cette manière on observe une forte injection de liquidités dans l'économie, cela favorise le prêt et évite une périlleuse boucle déflationniste.

Ici le problème est bien moins évident, comme vous avez pu le constater, la BCE a mis du temps à rehausser ses taux. Pourtant l'objectif des 2% d'inflation était déjà largement dépassé, le problème c'est qu'en augmentant le taux directeur, on défavorise la consommation et le prêt aux entreprises. D'une part le taux d'épargne augmente et incite les consommateurs à placer leurs économies. D'autre part le taux d'emprunt lui aussi s'en trouve réévalué, ainsi les entreprises sont donc moins incités à contracter des prêts. De surcroît, de nombreuses petites et moyennes entreprises sont suite à la crise placées dans des situations de fort endettement, ainsi leur solvabilité n'est pas nécessairement assurée. Dans ce sens les primes de risques sont d'autant plus élevées que l'établissement est affaibli.

Bien que les spéculateurs et les investisseurs jouent leur rôle dans la flambée du prix des matières premières, la raison principale reste la hausse de la demande globale dans le monde et surtout dans les pays émergents. Pour espérer une baisse du prix des produits de base il faudrait que les pays émergents ne dépassent pas en moyenne les 4% de croissance annuelle, cela semble assez peu probable...

Certains craignent une politique plus restrictive de la part de ces pays, c'est loin d'être le cas. Les politiques monétaires des pays émergents(bien que moins agressives qu'il y a peu) restent très expansionnistes. Pour parler d'une politique astreignante il faudrait qu'en moyenne le taux directeur de ces pays soit plus de 5 points au dessus de leur niveau actuel. On est donc encore bien loin d'une stratégie de restriction, en conséquence la demande en matières premières devrait encore croître les prochains mois.

En conclusion de cela, la zone euro(l'Angleterre connait aussi le même problème) souffre d'une situation instable liée à la rigueur sur les dépenses publiques et d'une inflation importée qui bloque la consommation. La situation est difficile et elle le sera peut être plus encore dans l'avenir.

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  1. Trader invité un(e) eleve de mass

    Roland futur major de macro !

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