Les banquiers sont toujours dans le collimateur

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Les banques n’ont pas la gloire pour elles en ce moment, il y a peu, le scandale du Libor éclatait. Aujourd’hui c’est Mario Draghi, actuel président de la banque centrale européenne qui est mis en cause par l’Observatoire de l’Europe industrielle pour son appartenance au G30 qui pourrait causer des conflits d’intérêts. Le comité de surveillance interne de l’Union européenne a donc ouvert une enquête à ce sujet.

Les vieilles histoires du banquier

Propulsé en automne 2011 à la banque centrale européenne à la succession de Jean Claude Trichet, il est apparu comme un sauveur. L’homme qui allait baisser les taux, qui soutiendrait les Etats en devenant prêteur en dernier recours,… Mais avant tout cela, c’est aussi un homme qui a un fort potentiel contradictoire dans sa démarche, car si aujourd’hui il se porte en chevalier servant de l’Europe, hier il travaillait comme vice-président en Europe de Goldman Sachs. Il y était installé trois ans entre 2002 et 2005, c'est-à-dire une année après que Goldman Sachs propose à la Grèce contre tribut de l’aider à falsifier son bilan comptable national. De son arrivée tardive, l’actuel président nie donc toute implication de sa part dans une telle opération, néanmoins difficile de croire qu’en étant le second dans la hiérarchie il puisse l’ignorer. On peut alors se demander pourquoi il n’a pas dénoncé cela après sa sortie en 2005. Cela pose clairement un problème de légitimité au sein d’un organisme comme celui de la BCE. Surtout qu’à cette époque, ce fut l’intrusion complète de Goldman Sachs dans l’Europe, entre Monti, Papadémos et lui, la banque d’affaire gagnait en influence. La théorie du complot est difficile à étayer ici dans la mesure où le protagoniste avait quitté la banque d’affaire déjà depuis 6 ans et sur démission. Nonobstant, il demeure suffisamment d’affaires douteuses avec la banque américaine pour que leurs dirigeants puissent avoir une quelconque légitimité sur le sol européen.

Le G30 ou le cartel bancaire

Nicolas Sarkozy nous a inventé le G20, maintenant nous découvrons le G30, ils sont plus nombreux, font beaucoup moins de bruit, mais peut être beaucoup plus de choses. Le G30 est une vieille institution qui date de 1978, elle rassemble les plus grands banquiers et spécialistes en finance de la Terre. Nous pouvons alors y trouver plusieurs directeurs de grandes banques d’affaire, de banques centrales ou bien alors quelques universitaires. Quoique les publications abondent, nous sommes quand même loin d’un think tank classique.

Cette assemblée, dont on ne sait guère plus que les boniments qui y sont présentés sur leur site apparait comme  « un véhicule de lobbying pour les grandes banques internationales privées » selon l’Observatoire de l’Europe industrielle. En des temps plus anciens nous pourrions être moins méfiants à l’égard des banques, mais après les très graves dérives dans la gestion, puis la manipulation du Libor ou encore le non-sauvetage de Lehman Brother, il est difficile de garder un biais optimiste quant à des réunions internationales de banquiers. La collusion entre des banques concurrentes dans la manipulation du Libor met en avant deux points sensibles. Le premier, c’est qu’il y a formation d’un cartel bancaire, ce qui est extrêmement nuisible dans un marché où à l’optimum, c’est la concurrence qui règne. Le deuxième, c’est que les banques sont totalement irresponsables et perfides en fraudant sur le dos de l’économie mondiale dont elles connaissent déjà les difficultés. Donc, les craintes de l’Observatoire de l’Europe industrielle paraissent légitimes quand on pense que Mario Draghi est un ancien du milieu de la banque privée, qui plus est dans un établissement où le réseau perdure. La possibilité qu’il puisse servir au passage les intérêts de banques internationales privées ne peux pas être exclue.

En conclusion, la méfiance envers le milieu bancaire est devenue très contagieuse et s’attache maintenant aux plus grandes institutions publiques. Il serait peut-être temps de mettre de l’ordre dans l’oligarchie européenne et peut être de limiter l’autocratie du directoire de la banque centrale.

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  1. Oui, oui, oui...
    Les banquiers sont des gens peu recommandables... Ils n'en ont jamais assez et commencent à croquer la main qui leur donne à manger... Quant aux têtes d'affiches, il n'y en a pas une pour relever l'autre, ils sont tous intervenus à un moment ou à un autre pour plomber un peu plus le système...
    Nos gouvernants n'en sont pas en reste car tout ce beau monde souhaite aussi sa part du gâteau!!! ;)
    Merci Roland et @+

  2. Oui je suis totalement d'accord. Il faut savoir que même si c'est encore sous des enquêtes, il y'aurait de nombreuses banques internationales (et même françaises) qui pourraient être impliquées.

    L'amende est sous-estimé bien sur, le problème c'est qu'elle porte sur les fonds de la banque, et donc elle alourdi le bilan, ce qui pourrait pecher pour les épargnants si l'amende était très forte. Ce qu'il faudrait c'est caler des amendes directement sur la direction, des suppressions de Bonus et autres, et puis là, ça aurait été le bon moment pour faire un exemple. Enfin pour ma part, les patrons et tout autre agents dirigeants qui ont mis ça en place, je les mettrai en prison ^^

    Barclays, c'est pas le pire en fait, il y a RBS aussi qui est fortement impliquée dans la manipulation du Libor. Et RBS est détenue a plus de 80% par l'Etat. Soit l'Etat n'en avait rien à faire, soit il était naïf, ou sinon on peut étendre la théorie du complot au gouvernement même britannique. Ca ferait bizarre que l'Etat se mette une amende à lui même. Ce qu'il faut c'est taper sur les banquiers, les directoires des banques, ou alors les nationaliser pour de vrai et imposer une gestion rigoureuse.

    Cette amende est juste là pour être là. Les banquiers ont systématiquement la part belle, quand ça va plus pour eux parcequ'ils ont fait n'importe quoi, on les renfloue avec des fonds publics et quand ils escroquent le monde entier, on ne bouge pas un pied.

  3. Avant cet article, je ne savais pas de quoi traiter du Libor, j'ai fais une petite recherche et j'ai trouvé que cet acronyme, désignant le London Interbank Offered Rate, constituait le principal taux interbancaire. J'ai lu l'article que LeMonde publié il y a quelques jours et une question me vient à l'esprit :
    - ne trouvez-vous pas que l'amende à l'égard de la Barclays de 350 millions soient sous-estimée ? (en comparaison des 16 milliards de dollars de résultats net en 2010) : cela ne représente presque rien pour une sanction exemplaire.

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