Tensions sur les marchés financiers

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Nul besoin de rappeler les difficultés économiques que traversent aujourd'hui les ménages et les entreprises partout en Europe. L'inquiétude liée à l'avenir des États européens, plombés par leurs dettes colossales, force la méfiance de la part de chacun des agents économiques. Aujourd'hui, face à cette situation, le spectre de la peur semble s'être à nouveau immiscé dans les places financières. Les banques ne se font plus confiance.

Crise de liquidité en vue

Les banques commerciales déposent de plus en plus auprès de la banque centrale européenne, ce n'est pas une supposition, ni une vue de l'esprit, mais un fait. En effet, en cette fin d'année 2011, l'humeur n'est pas au beau fixe sur le marché interbancaire, la quantité de dépôts au jour le jour à la BCE a enregistré un record le 28 Décembre avec 452 Milliards d'euros déposés.

En réalité, elles ne s’éloignent pas plus du marché interbancaire qu'à l'habitude, seulement elles disposent d'un surplus ponctuel de liquidités, donc elles déposent en mêmes proportions, et donc dans ce contexte exceptionnel, il est normal que le record soit battu. Cette étonnante augmentation des liquidités sur le marché provient de la banque centrale elle-même. Il y a peu de cela, la BCE a lancé une opération de refinancement massif des banques privées européennes. Cette dernière a émis en quantité illimité des prêts à 1% d'intérêts sur trois ans, c'est à dire, de l'argent presque gratuit par rapport aux taux interbancaires. Au total, 489 Milliards ont été prêtés à 523 banques européennes, c'est bien une mesure à l'image du président actuel.

Les banques privées ne jouent pas le jeu en retour, puisque si les dépôts à la banque centrale ont crû, c’est que cet argent n’a pas été injecté sur le marché interbancaire. Les banques acceptent de perdre de l’argent en protégeant leur capital plutôt que d’en gagner en le risquant, la machine finance est sensiblement en panne. Les dépôts au jour le jour de la BCE sont rémunérés 0.25% et les prêts exceptionnels accordés par la BCE ont été à 1%, donc les banques qui ont emprunté et qui ont déposé, perdent 0.75%, mais disposent d’un capital sûr. Aujourd’hui, les incertitudes sont telles que les banques acceptent de payer cher la sécurité de leurs capitaux.

Le risque d’un crédit crunch

Le crédit crunch, est un phénomène qui apparait lors des crises financières, le cas échéant, les banques ne prêtent plus aux ménages ni aux entreprises (surtout les petites, celles qui en ont le plus besoin). En 2008, lors de crise des subprimes, nous aurions pu avoir l’occasion de voir l’effet du crédit crunch qui avait débuté, mais par des politiques de relance et d’aide aux banques, les Etats ont évité le pire. 

Aujourd’hui, les Etats européens ne sont plus en capacité de faire face à une nouvelle crise. Le taux d’endettement est suffisamment élevé pour que l’Etat reste sur la touche. Ce qui a précipité la crise de la dette, c’est la crise financière de 2008, et aujourd’hui, des symptômes d’une nouvelle crise bancaire font surface alors que l’économie elle-même est en crise. 

Alors, maintenant, c’est la banque centrale européenne qui intervient pour assurer la liquidité sur le marché interbancaire. La baisse de liquidité sur les marchés peut être à l’origine d’un resserrement du crédit.  En effet, lorsque les banques anticipent une baisse de liquidités, elles deviennent frileuses pour prêter aux entreprises, et préfèrent disposer d’un maximum de liquidités pour couvrir leurs encours en cas d’une aggravation de cette crise qui pourrait entrainer une crise de solvabilité et mettre les banques au tapis. Donc en conclusion, pour garder le système financier en vie dans le cas où l’Etat n’est plus opérationnel, ce sont les petites entreprises qui payent. Evidemment, nous n’en sommes pas encore là, mais pour que la BCE lance une offre de crédit illimité aux banques privées à 1% à court terme, c’est qu’il y a bien des problèmes de liquidité. De plus en plus, la politique de la BCE se rapproche des méthodes anglo-saxonnes.  « Quand on cède à la peur du mal, on en ressent déjà le mal de la peur » - Beaumarchais

 

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