La situation du crédit en Europe

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En 2011 les gouvernants européens nous promettaient une sortie de crise, aujourd'hui une récession est annoncée pour 2012. Celle-ci est prévue comme modérée, néanmoins elle pourrait être bien plus forte dans le cas d'un resserrement de crédit pour les banques européennes. Nous évaluons aujourd'hui, la situation du crédit sur le marché interbancaire.

Les conditions de crédit

Le plus grand risque que nous pourrions encourir serait une crise de liquidité ou un crédit crunch, l’un est l’autre sont assez souvent concomitants. Le risque est un assèchement du crédit à court terme qui paralyserait totalement l’économie du pays.  Les banques se prêtent entre elles à différents taux, l’EURIBOR est un taux moyen auquel les plus grandes banques européennes se prêtent entre elles, et fait office de référence. Nous pouvons alors comparer ce taux avec le taux obligataire de la France et voir comment se comporte cet écart de taux (spread de taux à 6 mois). Lorsque le spread augmente, cela signifie que le taux bancaire s’éloigne à la hausse du taux obligataire. En terme clair, cela signifie que le crédit sur le marché interbancaire diverge anormalement vis-à-vis d’un taux normal qui est matérialisé par le taux obligataire représentant un « taux sans risque ».

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La France n’est plus une référence AAA, et il aurait été préférable de prendre le Bund allemand, mais le taux français reste représentatif sur la période. On voit avec grande évidence les traits de la crise et notamment après une forte stagnation, un sursaut des taux interbancaire dès 2007 nous alertant de la hausse du coût du crédit entre les banques, puis à l’automne 2008 l’explosion du spread avec un pic à 3 % montrant le fort resserrement du crédit. Ensuite, nous avons assisté à une baisse sur la période 2009 et un maintient certes marqué par la volatilité mais stable en 2010 – 2011. Néanmoins, dès l’hiver 2011 le spread a une fois encore bondi. A ce moment là, la BCE lançait ces opérations de financements à plus long terme (LTRO) pour les banques à court terme (3 mois). Cela a permis comme on le voit, sur 2012  de détendre les taux. Mais il demeure quand même que les  taux sont très volatils ces temps ci et que contrairement à la sortie de crise qui nous était annoncée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, les écarts de taux sont encore bien plus hauts que durant la période normale « pré-crise ».

Moody's dégrade les banques

Les incertitudes planantes sur les conditions bancaires ont été traduites par une dégradation mondiale de grandes banques et notamment des établissements européens. Vendredi, 15 banques occidentales ont été dégradées par Moody’s dont 3 grandes banques françaises (BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole). Nécessairement, cette baisse massive de note va mécaniquement accroître les primes de risque aux emprunts accordés aux banques, donc augmenter le coût du crédit sur le marché interbancaire, et peut être relancer de fortes tensions sur les marchés du crédit.

En conclusion, même si les conditions de crédit sur le marché interbancaire ne sont pas au pire, il demeure encore de très forte instabilités traduites par la volatilité du spread ainsi que les instabilités politiques européennes. Si les conditions financières se dégradent à nouveau nous pourrions assister à une crise très forte pour 2012 – 2013. Vu les récentes hausses brutales de spread, le scénario catastrophe de la Banque Mondiale ne paraît pas si fantasque.

Source:

Taux OAT : OAT - Banque de France

Taux EURIBOR : EURIBOR - Banque de France

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