Qui de l'Europe sortira le premier ?

Plenarsaal-Bundestag[1]

 

La Grèce insupporte de plus en plus l’Allemagne, et son vice chancelier s’évertuerait bien à la sortir sans ménage de la zone euro. Au sein de la Grèce une forte opinion presque majoritaire choisirait aisément de dénoncer les plans d’austérité exigés par la troïka. Intérieurement et extérieurement, le sort de la Grèce dans la zone euro est encore très ambigu, de toutes parts des pressions s’exercent pour favoriser sa sortie.

L’attaque de Moody’s

Moody’s s’en est pris aux plus « vertueux » des pays européens en terme de conjoncture économique, signe de défiance complète vis-à-vis de la solution européenne. Ce sont les notes de l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays Bas qui ont été placées sous perspectives négatives pour leur AAA (non pas qu’elles soient dégradées mais que si la situation ne s’améliorent pas, elles le seront). La raison de cette menace est simple, c’est la zone euro elle-même. D’une part venant du risque de défaut grec, ce dernier impacterait une lourde perte au bilan de ces pays (tout comme à tous les autres qui ont participé aux plans d’aide). Puis d’autre part, pour cause du risque de récession européen dans lequel ces pays réalisent la majeure partie de leurs exportations, et on sait que l’Allemagne tout comme les pays bas sont des économies basées sur l’exportation. Une baisse de la demande européenne ferait plonger l’Allemagne. Et aux vues des prévisions de croissance, il ne faut pas s’attendre à ce que l’Allemagne trône durablement sur le royaume du modèle économique.

La réaction de l’Allemagne à la situation européenne

Le vice chancelier allemand Philipp Rösler envisage clairement la sortie de la Grèce de la zone euro. L’Allemagne ne veut plus payer pour la Grèce, cela car s’endetter davantage sur les marchés pour une cause qui semble perdue d’avance ne ferait qu’alourdir le bilan de l’Allemagne qui aujourd’hui commence à devenir inquiétant. Les plans d’aide se succèdent et l’Allemagne demeure toujours le plus gros contributeur. La Grèce signale déjà qu’il lui manque près de 11.5 milliard d’euros pour réduire son déficit sous les 3% en 2014 et qu’elle souhaite dès à présent un étalement des paiements sur deux ans supplémentaires, ce qui n’est bien sûr pas très bien perçu outre Rhin. Aujourd’hui, nous arrivons à un seuil clef où il semblerait qu’aucune majorité ne puisse se former au parlement Allemand pour voter de nouveaux plans d’aide à la Grèce, ce qui le cas échéant conduirait par essence à un défaut général grec suivi d’une sortie de l’Euro.

Les forts sortiraient de l’euro avant les faibles ?

Nous avons deux scénarios possibles actuellement, soit les pays forts virent les pays faibles, soit les pays forts abandonnent l’euro à cause des pays défaillants. Dans le premier cas, la cohésion de l’euro pourrait encore être assurée mais pas dans le second. Hier, nous voulions absolument éviter la sortie de la Grèce de la zone euro. Mais aujourd’hui, ce sont les pays du Nord qui sont excédés de voir la Grèce successivement en échec depuis 3 ans, et ces derniers pourraient accepter des pertes sur les créances accordées plutôt que de continuer à s’empêtrer dans les plans d’aide et des sommets européens sans fin. C’est le point de vue de la Finlande qui déjà avait illustré cela en demandant des garanties à la Grèce sur le dernier plan d’aide, et qui aujourd’hui assure qu’elle préfèrera quitter la zone euro plutôt que de continuer à payer la survie des pays méditerranéens.

En conclusion, il semble aujourd’hui évident que les tentatives de maintien de la zone euro tendent à échouer. Economiquement, la trop faible croissance et l’endettement des pays dans des plans d’aide poussent les agences à s’attaquer aux pays forts et même au FESF qui s’est vu attribuer une perspective négative lui aussi. Socialement, la Grèce ne supporte plus l’austérité tout comme l’Espagne où se multiplient les manifestations, et les allemands souffrent d’une rigueur imposée à eux pour le bénéfice d’autres. La chute sans cesse de l’Euro n’en est que le meilleur indicateur, les investisseurs n’achètent plus d’euros et l’Europe n’est pas une entreprise qui s’achète aux plus bas dans l'espoir de la voir remonter. La baisse semble alors sans fin. 

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  1. Merci Roland pour ce nouvel article...
    Mais, il faudrait aussi voir que les agences qui se permettent de donner des classements, voir des déclassements, sont uniquement des agences anglaises ou américaines et jamais nous entendons parler de l'Angleterre qui note un second trimestre catastrophique!!! Ou des States qui se cachent de plus en plus difficilement derrière l'UE et ses déficites...
    Y'en a marre, selon moi, il n'y a pas une vision objective des systèmes économiques et des déficites...
    Il est clair que les plus saints payent pour pour les autres, mais les unions servent à ça.. Ils faut tirer le meilleur de chaque pays faisant parti cette union et si un pays ne respecte pas ses engagements... Alors il faudra que les sanctions soient prisent en conséquences. Quand aux US, ils sont aussi creux que nous mais "résonne" un peu moins fort, il suffira d'attendre un peu... ;)
    Bon, on ne va pas refaire le monde ce soir... ^^

  2. Oui, en effet tous les contribuables des pays contributeurs en souffrent, mais les allemands y sont beaucoup plus réticents. Après, comme je le dis souvent, faire payer 100 Milliards aux européens pour rembourser des banques qui font n'importe quoi, ça me parait totalement déraisonné et surtout anti-démocratique car je suis sur que ça passerait pas en référendum ce genre de choses...

  3. Trader invité Spit

    "les allemands souffrent d’une rigueur imposée à eux pour le bénéfice d’autres"
    C'est le cas de tous les pays de l'euro il me semble non? Pour le bénéfice d'entreprises bancaires apatrides surtout

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