Le congrès américain doit sortir de l'impasse pour rester crédible auprès des marchés financiers

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Alors que les marchés financiers s'agitent, que les événements économiques et politiques mondiaux se succèdent, la situation des États-Unis se dégrade peu à peu. Face à un déficit et à une dette record, les différents partis ne trouvent d'accords pour rehausser le plafonnement de la dette et le FMI s'en inquiète.

 

L'échéance se rapproche chaque jour passé dans un contexte morose

Il ne reste plus beaucoup de temps, un peu plus d'un mois à ce jour pour trouver un terrain d'entente. En effet, une fois le 2 Août passé les États-Unis ne pourront plus s'alimenter sur les marchés financiers et devront se déclarer en défaut de paiement. Au delà de simplement faire attendre les prêteurs étrangers, un événement de crédit briserait littéralement l'image des États-Unis vis à vis du monde. Si aujourd'hui les prêteurs sont méfiants en Europe, il est coutume de penser que l'oncle Sam paye toujours ses dettes, le dollar représente plus de 60% des réserves de change dans le monde. Le dollar est resté durant assez longtemps, la monnaie refuge. Néanmoins, aujourd'hui de plus en plus de pays et notamment émergents diversifient leurs réserves de change, cela nous montre que la confiance en regard des États-Unis faiblit.
 
Le FMI a publié très récemment un rapport assez pessimiste et inquiétant à l'encontre des États-Unis. Celui ci demande à l’État fédéral de s'accorder au plus tôt, car même s'il n'est pas encore en défaut de paiement, le pays affiche au monde entier une incapacité décisionnelle en des temps difficiles. Le pire scénario envisagé par l'organisme mondial serait une dégradation pure et simple du AAA américain. Dans ce cas le pire pourrait être à venir avec une forte progression des taux longs obligataires et donc en conséquence une progression plus ample du déficit publique. Actuellement sous surveillance négative par les agences, un abaissement potentiel de la note pend lourdement au nez des américains.
 
De surcroît, la fameuse reprise de l'économie prévue pour 2011 se fait attendre aux États-Unis. Initialement envisagée à 3%, la croissance a été deux fois revue, à 2,8% en Avril et à 2,5 à ce jour. Le FMI anticipe une suite favorable mais bien plus lente que prévue, dans ce sens le gouvernement risque devoir revoir ses perspectives d'endettement. Contrairement à cela, la banque centrale table plutôt sur une progression de 2,9% cette année, difficile de savoir qui est le plus proche de la réalité. Néanmoins, ce qui est sûr c'est que ces écarts de prévision montrent l'incertitude qui règne à ce jour pour la croissance américaine.
 

Le président promet un accord

C'est ce que Barack Obama a promis, et je cite : « Le vice président Joe Biden et moi même continuerons ces négociations avec les dirigeants des deux partis au congrès aussi longtemps que nécessaire. Nous parviendrons à un accord qui requerra de notre gouvernement qu'il vive selon ses moyens ». L'enjeu est de taille et le président le sait, de la même manière le directeur au trésor Timothy Geithner a rappelé qu'il était urgent de trouver une solution.
 
Bien que confiant pour la réussite de cette opération, le gouvernement américain doit réussir à convaincre le congrès, la tâche fut déjà rude il y a quelques mois, aujourd'hui elle l'est d'autant plus qu'aucun plan sérieux de rigueur n'a été envisagé. Les conséquences d'un événement de crédit américain sont quasiment imprévisibles, néanmoins elles n'en seraient pas moins lourdes.
 

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  1. De plus en plus critiquées pour leur gestion de la crise souveraine, les trois grandes agences de notation occidentales, Fitch, Moody's et S&P, qui détiennent plus de 95% des parts de marché, font face à une concurrence inattendue venue de Chine.

    Alors que l'Europe a tenté en vain de mettre en place sa propre agence de notation financière en 2010, la Chine l'a fait avec la création d'une petite agence, Dagong, qui tire son épingle du jeu dans un marché oligopolistique en se différenciant dans son approche et sa notation des trois grandes.

    A l'inverse des autres petites agences de notation, comme DBRS, qui suivent, peu ou prou, les notations des trois grandes, Dagong se différencie très nettement en attribuant des notes beaucoup plus élevées aux pays émergents comme la Chine ou l'Afrique du Sud, et beaucoup moins élevées pour les pays développés que ses concurrents. Les différences peuvent même parfois être de très grande importance, pouvant atteindre quatre crans.

    Dagong tente ainsi d'incarner l'alternative dans l'industrie de la notation en surpondérant des critères qui avantagent automatiquement les pays émergents, comme la croissance économique ou encore les réserves de devises. Bien que son influence soit limitée à l'Asie et que le refus de la SEC de lui accorder une accréditation aient limité la crédibilité de l'agence, Dagong peut se vanter d'avoir vu juste sur la crise souveraine.

    En effet, les récents développements en Europe et aux Etats-Unis semblent presque justifier les notations de Dagong ce qui fait d'ailleurs dire à Patrick Artus que l'agence chinoise reflète désormais le mieux la réalité.

    Bien que Dagong ne semble pas, pour l'instant, en mesure de concurrencer réellement les trois grandes, la présence de cet acteur venu de Chine souligne la nécessité de réformer l'industrie de la notation en accroissant le nombre des acteurs et en changeant les critères d'appréciation qui influent sur les « ratings ». Pour les nouveaux venus, deux stratégies sont possibles: soit se différencier à l'instar de Dagong, soit se spécialiser dans une niche sectorielle ou géographique.

    Entre-temps, l'Europe unie affiche son impuissance à contrer les trois grandes.
    Écrit par Bertrand Raynier - Forex.fr

  2. C'est que les notations sont totalement Hypothétiques !
    A quand la dégradation de la note des U.S ? Je vous le demande !

  3. La France a souhaité mercredi la poursuite de l'effort de régulation des agences de notation, dont les interventions sur la Grèce, le Portugal et l'Irlande sont vivement critiquées par l'Union européenne.

    "La France considère que l'effort de régulation des agences de notation, qui a démarré en 2008, doit se poursuivre et c'est dans cette direction que nous allons oeuvrer", a déclaré la porte-parole du gouvernement français, Valérie Pécresse.

    La Commission européenne a vivement critiqué mercredi la décision de Moody's de placer la dette portugaise dans la catégorie spéculative et prévenu qu'elle allait sévir contre les agences de notation.

    Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a accusé Moody's, Standard & Poor's et Fitch d'encourager la spéculation au sein de la zone euro.

    Lors du compte rendu du conseil des ministres français, Valérie Pécresse, qui est également ministre du Budget, a indirectement critiqué Moody's, sans citer son nom.

    "Le gouvernement portugais a pris des mesures extrêmement courageuses de redressement", a-t-elle dit. "Il faut surtout laisser le Portugal travailler et ne pas porter des jugements hâtifs sur la situation portugaise qui risqueraient de compromettre ce plan de redressement."

    Interrogée sur les discussions en cours sur la participation du secteur privé au plan de sauvetage financier de la Grèce, Valérie Pécresse s'en est tenue à des généralités et a refusé de commenter les plans actuellement sur la table.

    "Cette participation ne doit provoquer ni défaut ni événement de crédit et doit prendre la forme d'un rollover sur les expositions", a-t-elle dit. "C'est dans ce cadre que nous travaillons aujourd'hui avec nos partenaires."

    "Il y a une proposition française, il y a une proposition allemande. Nous travaillons ensemble sur ces propositions", a ajouté Valérie Pécresse.

    Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

  4. Justement j'étais en train d'écrire un petit texte concernant les agences :)

  5. Si pour le 1° Août 2011 le congrès Américian ne vote pas un dépassement du plafond de la dette américiane, les US se retrouverait en état de Banqueroute Technique...
    Ne trouvez-vious pas bizarre que Moody's, Fitch etc ne font ici aucune menace, comme ils se le permettent sur les pays de la zone €uro ?

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