Le monde pourrait connaître une vraie crise économique

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Les prévisions de croissance sont sans cesse revues à la baisse et les prévisions d’endettement elles, à la hausse. Les articles alarmistes se multiplient dans la presse, et les indicateurs virent au rouge. Tout semble mal en point, d’une Europe passée à une Asie dans la bulle et d’une Amérique sous perfusion, il est difficile de trouver des issues favorables à la crise actuelle.

L'Europe au bord de la faillite

En Europe, la situation empire à petit feu à la fois sur le plan économique que politique. Le Royaume-Uni et l’Italie s’enfoncent en récession avec chacun une perte de 0.7% de PIB trimestriel sur le T2 2012. L’Italie du haut de sa dette, à hauteur de 120% de son PIB force massivement l’austérité et provoque ainsi naturellement cette récession. Face à cela, le Royaume-Uni déjà doté d’une dette conséquente prend le chemin tout à fait inverse et maintient un très fort déficit à 6.6% en 2012 et devrait continuer de même en 2013 accroissant ainsi le poids des charges d’intérêt.

D’autre part, en France avec sa petite rigueur de 2012 continue à stagner niveau richesse, et les prévisions de 1% de croissance pour 2013 ont déjà été abaissées à 0.8%. L’année prochaine, la France lancera une opération d’austérité bien plus accrue que ce qui a pu être employé jusqu’à présent, normalement une économie de 33 Milliards d’euros (et plus en cas d’une croissance plus faible). Tout cela devrait très certainement envoyer la France en récession ou au moins annuler toute croissance. D’autre part, des signes montrent que l’Allemagne commence à subir les aléas européens avec une baisse de la production manufacturière le mois dernier. Néanmoins, il ne faut pas mettre tous les œufs dans le même panier, l’Allemagne garde des fondamentaux encore relativement bons.  Et justement, c’est sur cet écart économique se creusant entre pays du Nord et pays du Sud que des tensions politiques ne cessent de se faire sentir. Cela s’illustre principalement au Sud par un sentiment anti-allemand à travers l’intervention récente de Mario Monti fustigeant les institutions allemandes et refusant l’aide européenne. Les nations gardent encore suffisamment de fierté individuelle pour que l’on puisse voir une gouvernance fédéralisée en Europe. En récapitulant, la situation économique des pays en Europe est mauvaise au sud est fragile au Nord, les pays s’accordent de moins en moins et acceptent l’idée d’une sortie de la Grèce, à priori et dans les conditions actuelles, l’Euro à une fin programmé…

Le risque d'explosion de l'économie asiatique 

En Asie, la situation n’est pas très bonne non plus, le Japon peine en ce moment et la Chine voit son économie dangereusement ralentir. Pour le Japon, la banque centrale a assuré qu’elle ne ferait plus d’assouplissement quantitatif alors que le Yen demeure assez fort. Par ailleurs, on sait que la dette japonaise dépasse les 220 %, si le pays du soleil levant ne se retrouve pas dans la situation grecque c’est que la dette est détenue à 95% par des résidents, le Japon paye donc des intérêts quasi nuls sur ses émissions. Mais maintenant les résidents ne suffisent plus, de nouveaux portefeuilles sont nécessaires et les émissions obligataires sont désormais proposées à 50% pour des investisseurs internationaux, ce qui pourrait faire rapidement exploser les taux.  En Chine, nous l’évoquions déjà mais le marché immobilier se replie sévèrement entrainant avec lui l’inflation à la baisse et une baisse de croissance dans la même foulée. La Chine doit donc procéder à un atterrissage en douceur de son économie en équilibrant mieux la composition de son PIB, et cela en favorisant la consommation intérieure plutôt que l’investissement qui lui, pourrait  faire éclater des bulles. Maintenant, la Chine veut faire de la relance à travers une baisse des taux directeurs dans le but de motiver à nouveau   l’investissement…

L’Amérique à bout de souffle et à court de moyen

Le Brésil inquiète fortement, avec une croissance programmée à 3.2% par le FMI en 2012 (c’est relativement peu pour un émergent), une dette de 66% du PIB et surtout une inflation de près de 6% malgré un taux de refinancement à 8%. Le gouvernement brésilien est pris à la gorge avec une inflation quasi double de la croissance. La dette n’est pas énorme mais le Brésil paye cher ses emprunts (12.55% pour des emprunts à 10 ans, soit deux points de plus que le Portugal). D’autre part, à cause de la trop forte inflation il est impossible de desserrer les taux directeurs pour relancer la croissance. Le Brésil n’a donc pas vraiment de moyen pour faire de la relance puisqu’il ne peut pas baisser les taux d’une part, et de l’autre il ne peut pas emprunter…

Outre le Brésil qui inquiète, il ne faut pas oublier les Etats-Unis qui malgré une politique monétaire ultra-expansionniste voient leurs prix à la consommation diminuer successivement depuis 3 mois (tendance qui se généralise à l’OCDE). Le taux de chômage s’accroit, le déficit public se creuse massivement enfonçant la dette dans un puits sans fond. Sans ces politiques de relance monétaires et budgétaires conjointes, les Etats-Unis seraient certainement placés dans une crise déflationniste. Et ces politiques de relance ont une fin, la perfusion n’est pas infinie…

Dans cet enfer, y'a t'il un paradis ?

Petite aparté, il existe quand même un endroit caractérisé par des pays non émergents où la crise n’existe pas. C’est l’Océanie, avec la Nouvelle Zélande et surtout l’Australie. En Australie en clair, 3.1% de croissance en 2012, 1.8% d’inflation, une dette 22% du PIB et un chômage de 5.2%. L’Australie est immunisée contre la crise et ça se voit en 2009 où elle est un des seuls pays de l’OCDE à ne pas avoir eu de récession (et même 1.5% de croissance).

En conclusion, la mondialisation a crée une interconnexion importante des économies et nous sommes à court terme placés sous le joug d’une crise asiatique ou d’une aggravation de la crise européenne qui bloquerait le monde (faut voir les scénarios catastrophiques de la banque mondiale !).  Néanmoins, il demeure encore des modèles économiques non émergents qui réussissent. 

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  1. je suis d'accord avec le sujet de votre economiste la situation du monde se dégrade a vitesse grand V, pour ma part je pense que pour l'europe nous devons absolument faire l'union fédérale : Paita

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