La gauche fait le sale boulot de la droite

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Le parti socialiste est monté au pouvoir sur une ligne de gauche et sur la base de l’idée de croissance comme solveur de la crise. Depuis, les chiffres proposés en campagne ont été revus à la baisse et le programme socialiste semble virer à la politique de droite, entre rigueur et compétitivité. Peut-être que : « le changement, c’est pour la prochaine fois ».

La rigueur avant la croissance

Sans avouer le mot, le gouvernement Ayrault prévoit clairement un plan de rigueur. Mais bien sûr une rigueur qu’on pourrait dire de gauche, passant principalement par une hausse des impôts (mesure de gauche) appuyée par certainement une diminution de la masse salariale fonctionnaire (mesure de droite).

Les français se disent selon des sondages, opposés majoritairement à une hausse de la CSG ou de la TVA, pourtant préconisée par la Cour des comptes très récemment. Ils préfèrent majoritairement une hausse de l’impôt sur le bénéfice des sociétés ou sur l’ISF. Mais le gouvernement sait lui-même qu’une hausse de l’ISF n’est pas suffisante et qu’une hausse de l’impôt sur le bénéfice des sociétés ne doit pas être confiscatoire pour ne pas devenir un vecteur de baisse de la compétitivité. C’est un complexe arbitrage pour le gouvernement qui doit cacher des mesures par d’autres. La clôture du budget 2012 semble assez simple pour le gouvernement qui pourra éviter des effets négatifs sur la croissance. Par contre pour l’objectif des 33 milliards d’euros de 2013, là il semble que le gouvernement ne pourra pas s’épargner des mesures particulièrement impopulaires et notamment des mesures de réduction de dépenses qui sont plutôt affiliées à la droite.

La compétitivité avant les salariés

Jean-Marc Ayrault a ouvert la conférence nationale de l’industrie sur un thème, celui de la compétitivité-cout, proposant un débat sans tabou sur les coûts salariaux. C’est une étonnante surprise à laquelle il était difficile de s’attendre. Autant certains indicateurs ont retrouvé des niveaux précédant la crise, autant la production manufacturière elle, ne s’en est toujours pas relevée, et de surcroît, celle-ci chute à nouveau.

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Généralement, le coût du travail constitue un tabou à gauche. En effet, on sait mécaniquement que la baisse du coût du travail engendre un surcroit de compétitivité. La gauche est plutôt portée sur des hausses de cotisations, alors dans ce cadre, il est difficile d’avouer vouloir sciemment faire diminuer la compétitivité française. Néanmoins, contre toute attente, le premier ministre évoque possiblement un choc d’offre avec : « l'ensemble des leviers de la compétitivité (seraient) discutés, et cela sans tabou ». On pourrait alors avoir une baisse des cotisations patronales évoquée par Louis Gallois chargé de remettre un rapport sur ce thème. Il faut alors s’attendre à des mesures finalement de droite libérale qui consistent à diminuer le coût du travail pour en créer d’avantage.

En conclusion, comme on le remarque souvent après une forte détention du pouvoir par une droite passive ou incapable de soulever les problèmes de fond, c’est à la gauche de faire les pires mesures de droite. De la même manière, c’est à un prix Nobel de la paix qu’on fait accoucher un Patriot Act négligeant les libertés individuelles. 

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