Encore de la récession: comment s'en sortir ?

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Ce n’est pas une grande nouvelle, la commission européenne propose un scénario pessimiste pour l’année 2013. En effet, une prévision à 0.3 % de récession sur l’ensemble de la zone euro assortie d’un chômage dépassant les 12 %. L’année dernière aura déjà été une année de perte, le désendettement coûte cher, nous pouvons nous demander d’où vient ce surendettement, et pourquoi la croissance devient une nécessité.

Pourquoi la récession ?

La récession c’est une baisse de production d’une année à l’autre. Elle s’oppose à la croissance qui fait habituellement norme. Elle trouve multiples causes, quoique sa source soit bien souvent financière. La récession européenne s’explique par une bulle sur les produits obligataires publics, l’éclatement de celle-ci est consécutif à la bulle américaine des subprimes. En effet, l’offre soutenue en crédits obligataires dans la première moitié des années 2000 ne tenait que grâce au soutien massif des banques. En 2008 les institutions financières sont mises en péril, les Etats vont donc leur porter secours en leur prêtant, mais là est l’erreur. Les Etats se finançant auprès même des institutions financières privées vont prêter à ceux qui habituellement leur prêtent. Ainsi, les Etats vont s’endetter mais leurs sources de financement vont être réduites, donc l’offre en crédit étatique va diminuer, d’autre part la demande va augmenter, et donc le prix des obligations va flamber. Les banques sont alors plus ou moins sauvées, mais après cela, les Etats se sont endettés avec des crédits de luxe, et leurs remboursements n’est plus assuré. Alors pour ne pas faire défaut, et se priver de financement, comme les argentins ont pu tristement connaître, les Etats augmentent leurs ressources. Pour ce faire, ils diminuent les dépenses publiques et augmentent les impôts, éreintant alors tout espoir d’un éventuel retour de croissance. Voilà un résumé des évènements pour mieux comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons.

Des incohérences dans les taux

Avec les Etats, la finance ne fonctionne pas pareil qu’avec tous les autres acteurs économiques. En effet, un particulier qui ne peut plus payer ses crédits finit à la rue, une entreprise surendettée dépose le bilan, disparait ou est rachetée ; mais un Etat, ça ne se rachète pas, et ça ne finit pas à la rue. L’Etat est la plus sûre garantie en temps de paix. Donc reprenons notre fil précédent ; les banques sont maintenant plus ou moins sauvées, et de plus la BCE va continuer à les aider en leur fournissant des crédits à très bas coûts (opération LTRO, contrairement à SMP et OMT qui aident les Etats aux périls des banques), les banques vont pouvoir recommencer à prêter. Mais à qui prêter ? Certainement pas aux portuguais déjà prêts à ne plus rembourser, encore moins au grecs, qui font déjà défaut. Commence alors une discrimination, elles vont soutenir les puissances systémiques et délaisser les autres, et ce à outrance. Cela explique pourquoi la France, alors dans une situation économique calamiteuse emprunte aux taux les plus bas de toute son histoire.

Quelles solutions en France ?

Il est aisé de constater l’étendue des dégâts, mais y trouver source de réparation ne l’est pas autant. Il est d’abord question de se demander si la croissance est nécessaire. La croissance est un indicateur synthétique de la bonne évolution des autres. Prise individuellement, elle reflète le gain relatif de richesses produites d’une année à l’autre. On est d’accord que si la France veut faire croitre ses richesses, c’est car sa population augmente, sinon ce souhait ne serait alors qu'un substrat de cupidité et de vanité. La population française ne croît principalement que par l’immigration et sa forte natalité engendrée, hormis cela, elle demeurerait plutôt stable, alors en admettant qu’on l’arrête, pourquoi donc rechercher à gagner toujours plus ? Car l’immigration, ce sont des jeunes, et faut payer les retraites et le non-travail des vieux. L’immigration n’est donc que la conséquence d’une cause, celle du vieillissement. Si les personnes âgées mourraient plus vite, ou étaient en capacité de travailler plus longtemps, alors l’immigration comme substitut au déficit de jeunesse ne serait plus souhaitée. Ainsi, la population française demeurerait constante, et la croissance nécessaire: nulle. La vieillesse impotente est donc une source de besoin, celui d’une croissance artificielle extérieure à elle-même. Une solution à long terme serait un politique nataliste, associée à une composante géronticide (au mieux, un solde naturel nul avec une pyramide des âges équilibrée) dans une optique de croissance proportionnelle à sa démographie, et non aux besoins de celle-ci. C’est l’exemple typique du Japon, avec une répartition démographique insupportable, forçant une dette plus qu’abyssale. La différence entre le Japon et la France, c’est que là où la Japon comble le trou par de la dette, la France le fait par l’immigration.

On cherche en Europe environ 2% de croissance annuelle pour s’en sortir, alors que la croissance de la population en France n’est que de 0.5% actuellement. Il y’aurait donc 1.5% de cupidité en trop dans les objectifs ? Non, car il faut aussi payer la dette, donc critiquer l’objectif de croissance n’est pas bon. La croissance est aujourd’hui pleinement nécessaire. Le pire là-dedans, c’est sa nécessité et non pas son envie, car ce n’est même pas le vice qui la commande mais le besoin.

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  1. cultivant merci
    dommage pas de pouces qualitatifs

  2. Merci du compliment :)

    Tant qu'on reste dans ce modèle économique où l'équilibre se ne trouve que par la consommation, on aura toujours un mur vers lequel s'écraser ;)

  3. Excellent article :)

    Je ne sais pas si cela fait suite aux remarques de la chancelière allemande, mais il est vrais que la France semble dans une sacre situation et ne risque pas en sortir du jour au lendemain. On va lentement vers le mur :/

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