Des ressources stratégiques en voie d'extinction

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Le problème de réchauffement atmosphérique est très évoqué et suscite des grands rassemblements, mais aujourd’hui le problème majeur reste la pénurie évidente à terme des ressources souterraines et notamment des terres rares. Les téléviseurs pourraient revenir en noir et blanc à partir de 2015…

Le problème du pétrole

La pénurie du pétrole est un problème plus avancé encore qu’il n’y parait. Les estimations donnent à 2050 l’épuisement total du pétrole, mais il faut comprendre que déjà bien avant, le pétrole ne sera plus exploitable. En effet, une certaine rentabilité dans l’exploitation est nécessaire, et on sait très bien qu’il est impossible pour l’industrie pétrolière d’exister si le prix du baril est trop élevé dans la mesure où, même s’il n’est pas substituable, c’est une ressource adaptée à consommation massive.

Il existe un mécanisme économique simple permettant à l’industrie pétrolière de toujours proposer une offre stable. Lorsque la demande de pétrole augmente, mais que les prospecteurs ne peuvent pas délivrer suffisamment de barils pour cause de capacité limité d’exploitation, les prix augmentent nécessairement, les pétroliers gagnent alors d’avantage et peuvent ainsi investir dans la recherche de nouveaux gisements pour adapter l’offre. Ce mécanisme aujourd’hui, ne marche plus, c'est-à-dire que lorsque les prix augmentent, les sociétés pétrolières, avec les bénéfices générés, n’arrivent pas à proposer une offre adéquate, et ceux pour une raison simple, c’est que les gisements de pétrole « faciles d’exploitation » se font rares et que les investissements nécessaires pour chercher un pétrole plus profond sont tels qu’une hausse des prix conjoncturelle n’est pas suffisante pour orienter les sociétés.

Selon les estimations, le pic de production était en 2006. En 1930 avec un baril de pétrole consommé, on pouvait extraire 100 barils d’un puits (le cout énergétique). Aujourd’hui pour 1 baril consommé, on extrait seulement 18 barils, et la tendance n’est pas prête à s’inverser. Les experts se positionnent pour dire qu’assurément dans moins de 10 ans l’intégralité du pétrole facile d’extraction sera épuisée et qu’il faudra alors chercher dans les grandes profondeurs.

Les minéraux, plus grave encore

Le charbon est encore extrêmement présent dans les sous-sols et constituera certainement avec le gaz, les principales sources énergétiques. Mais il y a un problème plus grave encore posé par certains minéraux rares, et notamment des métaux. En effet, si l’évident gaspillage nous fait croire que les ressources sont encore à profusion, il n’en est pourtant rien.

A compter d’aujourd’hui, nous savons que les ressources en zinc seront épuisées dans moins de 20 ans, tout comme l’or. L’or est indispensable dans l’industrie technologique et le zinc dans l’industrie lourde. Ces matériaux pourraient être remplacés, mais au dépit d’une très importante baisse qualitative. Leur prix va continuer rapidement à croitre et ce, jusqu’à ce que le coût prohibitif de ces derniers force les industriels à se tourner vers d’autres métaux. Un problème plus grave est celui du cuivre, il lui reste un peu moins de 40 ans en tenant compte de la demande actuelle, et on connait son importance stratégique dans les infrastructures énergétiques. D’autres minéraux de type terres rares, vont très rapidement aussi être amenés à épuisement.

En conclusion, sans un bond technologique industriel, nous devrons nous contenter de moins bien dans assez peu de temps en considérant une demande croissante et un cout énergétique croissant ainsi que des rentabilités plus faibles. Les ressources en gaz et en charbon pourraient limiter l’impact des baisses d’offre en pétrole et des progrès technologiques pourraient éviter une pénurie énergétique mondiale. Mais, le prix des matières premières et notamment des métaux, devrait croitre très fortement dans la décennie actuelle.

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  1. Oui bien ce que je pense aussi, croissance et préservation des ressources s'opposent malheureusement. Et du coup le développement technologique et l'innovation s'y opposent également, car de nos jours on ne veut pas innover si ce n'est pour faire du fric derrière (d'où consommation et croissance, créer un besoin qui n'existe pas...).

  2. Trader invité toto

    C'est la rareté qui fait la valeur. Donc plus un truc est rare, et plus les gens le recherchent pour sa valeur.
    Par exemple des études scientifiques ont montré (désolé pas de sources sous la main), que lorsqu'une espèce est en danger, la déclarer protégée, c'est augmenter ses risques d'extinction. Puisque étant protégé elle attire l'attention et prend de la valeur.

    Par contre Roland je voudrais juste dire que le PIB ne signifie plus grand chose. Sur les marchés on l'utilise comme référence par habitude, mais ça ne reflète plus la réalité. Dans une zone monétaire, pour que le PIB croisse il suffit d'injecter de la monnaie, ce que font massivement les banques centrales de pas mal de zones monétaires en difficulté actuellement (QE3 par exemple pour la fed). Ceci est un cache-misère ridicule, qui n'aura pas de bons effets à long terme, la monnaie n'étant pas injectée ou il y en a besoin (tout va dans les banques qui prêtent à l'économie réelle avec intérêt derrière). Mais ça fait grimper artificiellement le PIB tout ça, et c'est pas bon parce que quand les marché vont se rendre compte que c'est la cata ça va barder…

  3. Le souci c'est que la croissance s'oppose au développement durable. La croissance du PIB est légitime, lorsque la population augmente aussi et dans la même mesure. Et ce qui n'est pas bon, c'est de se féliciter de la croissance hivernale car les gens ont utilisé le chauffage.

    On pourrait limiter la cata ecologique sans difficultés, suffit d'arreter de manger de la viande à tous les repas, de pas acheter un smartphone tous les 6 mois, de consommer moins. Evidemment, ça créerait une récession généralisée, mais bon, pourquoi pas, il vaut mieux ça à des guerres pour les ressources et peut être meme le chaos. Immaginez Paris privée de pétrole pdt 1 mois, ça finirait en loi de la jungle...

    Mais bon, après tout ça, c'est des accords mondiaux, et je vois mal les autres pays s'aligner pour la bonne cause et généralement dans la théorie économique quand les ressources s'épuisent on a tendance à encore plus exploiter... Donc je pense que le mieux, ça reste de prendre des précautions personnelles ^^

  4. Toujour est-il quon commence a etre au pied du mur .
    les resource ne sont pas innepuisable helas!

  5. = une guerre, oui...

    Je suis personnellement adepte de minimalisme et de "simple living", c'est-à-dire que je vis ma vie en consommant très peu, en préférant emprunter plutôt que posséder (je n'ai même pas ma propre voiture, j'utilise les transports en commun, les taxis ou les moto-taxis), et en possédant juste ce don't j'ai besoin, pas plus... Je préfère également acheter mes produits locaux, et non pas importés (par choix philosophique, pour supporter l'économie locale, parce que dans le prix d'un produit importé on a toujours une part qui vient du transport — d'où un gaspillage en ressource et energie...) Bref, ce qui fait de moi un très mauvais consommateur. Mon lifestyle fait que je consome et gaspille moins de ressources, moins d'énergie...

    La question est la suivante, que se passerait-il si tout d'un coup une majorité d'êtres humains adaptaient un lifestyle basé sur la basse consommation? Evidemment, on économiserait en ressource et en énergie, on pourrait peut-être arriver à sauver la planète..? (très utopique) Mais la contre-partie serait la suivante: baisse de consommation = baisse de croissance, et baisse de croissance = recession.

    Peut-on trouver un équilibre entre notre course éfreinée à la consommation/croissance, et l'utilisation sage des ressources de notre planète? Je ne sais pas.

  6. Et encore je me limite dans le fond de mes pensées, car à mon avis on peut avoir un scénario grave. L'individualisme + crise économique systémique + manque de ressource à moyen terme = quelquechose de pas joli à mon avis ^^

  7. L'avenir n'est pas rose selon Roland... Mais merci pour ce nouvel article...
    Je pense que les solutions viennent lorsque l'on est au pied du mur!!!
    Les êtres humains qui voudraient anticiper les situations sont tellement minoritaires face à ceux qui ne font rien, qu'ils ne sont jamais pris au sérieux, on les appelle des "alarmistes"!!! Quand on se rend compte qu'ils avaient raison, peu nombreux sont ceux qui se souviennent...
    @+

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