Qu'est ce que l'abenomics ?

shinzo

L’abenomics, c’est un peu la potion magique du druide Shinzo Abe. Le premier ministre ne s’est jamais trop exposé précédemment à la politique économique, mais aujourd’hui il reprend les rênes. La recette keynésienne reste la même, mais puissance mille et ajoutée a des mesures agressives sur le marché des changes. Après cela, on ne pourra pas hésiter sur le fait qu’il existe une guerre monétaire dans le monde, le Japon brise complétement l’indépendance de sa banque centrale au profit de l’inflation.

Le Japon : une crise perpétuelle

Le Japon est en déflation depuis maintenant 20 ans, après une croissance des prix folle à la fin des années 80, l’économie du pays c’est brutalement arrêtée. Voici la comparaison entre l’évolution de l’indice des prix français et Japonais :

 

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On voit ici que depuis le milieu des années 90, les prix baissent au Japon, c’est un cycle déflationniste. Il est très bien décrit par Keynes, en effet les prix baissent, donc les ménages attendent que les prix aient baissé pour acheter. Cette attentisme faire décroitre la consommation instantanée, et donc la demande. Cette baisse de demande force une baisse de l’offre de la part des producteurs qui, manquant de chiffre d’affaire baissent leurs prix, et ainsi leurs marges. Ils licencient alors faute de moyen, faisant baisser le revenu des ménages, et donc la consommation sous-jacente. C’est un cercle vicieux. 

L’abenomics ça consiste en quoi ?

Pour sortir de cette situation qui semble presque se pérenniser, Shinzo Abe va proposer les méthodes keynésiennes classiques : augmentation des dépenses publiques et politique d’ultra souplesse de la banque centrale. C’est ce que fait le Japon depuis 15 ans, et force est de constater, sans succès. Alors pour une fois, Shinzo Abe propose la même chose mais bien plus appuyé. L’idée est d’une part de relancer la consommation par les dépenses publiques, et d’autre part l’inflation par la création monétaire (puisque lorsqu’il y a plus de monnaie, la monnaie devient moins chère par rapport aux biens, et donc les prix montent). Mais 15 ans d’expérience ont montré que ces méthodes ne marchent que peu, et Keynes lui-même souligne que pour inverser la déflation, une quantité absolument massive de liquidités doit être injectée pour ne serait-ce que créer le phénomène.

La dette brute du Japon est de plus de 230 % du PIB, mais en nette elle est d’environ 140 % du PIB, soit plus que les italiens et moins que les grecs. La différence brute/nette vient du fait que des institutions publiques détiennent elles-mêmes de la dette de l’Etat. Il n’y a pas de crise de confiance au Japon sur la dette car elle est détenue  à plus de 90% par des résidents. Ce patriotisme économique arrange clairement le pays. Celui-ci va donc continuer sa politique d’endettement pour tenter de relancer la consommation, mais le problème nippon est bien plus profond, il est démographique. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, l’effet de vieillesse des populations fige les espoirs en gains de productivité, et ce si bien qu’il faut voir que la majeure partie des investissements en recherche dans la santé au Japon sont faits à l’égard des personnes âgées.

La deuxième composante de son plan d’action est de faire jouer la banque centrale pour dévaluer le Yen. L’idée est bien sûr d’augmenter les exportations, et de relancer le pays sur un cercle vertueux. La BoJ n’a encore rien fait que le Yen a déjà sévèrement décroché, preuve que Shinzo Abe est crédible, le marché parie sur la réalisation de son plan est joue le jeu amplifiant par avance son effet. Mais tout ceci n’est pas très loyal, et absolument pas coopératif, c’est une véritable relance de la guerre monétaire. La Fed risque relancer à son tour, la BCE ne fera rien, et sera bien sûr le dindon de la farce. Alors que les tensions se ravivent entre la terre du soleil levant et celle de l’empire du milieu, le Japon tente de trouver du soutien avec l’ASEAN, mais ce n’est pas avec ce genre de politique qu’il pourra gager ses intentions…

En conclusion, le Yen va continuer à se déprécier, la politique monétaire du Japon, dont plus aucune indépendance n’est crédible, vise à couler le Yen. Après 15 ans de raté dans sa politique de relance budgétaire, on peine à croire que cette fois-ci sera la bonne, peut-être sera-t-elle plutôt celle ce trop. En tout cas, placé entre la Chine et les Etats-Unis, le Japon est au cœur de la guerre monétaire qu’il anime en premier acteur…

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Réagissez à cet article forex "Qu'est ce que l'abenomics ?"

  1. Oui ont n'a rien compris .....

  2. Merci, en effet l'Europe c'est les bisounours...

  3. Dans l'histoire l'europe va encore faire la politique de l'autruche alala

    sinon très belle article

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