Les PME ont-elles un bon accès au crédit ?

pme

Depuis plusieurs mois, il est coutume de soutenir que les banques restreignent leurs prêts vis à vis des entreprises et notamment des petites firmes. Sachant que 99,9% des entreprises en France sont des PME, que 85% des emplois en résultent et aux vues de la situation économique, nous pouvons nous interroger sur la qualité du soutien apporté par les banques au principal acteur de l'économie française.

Un manque de confiance qui plombe l'accès au crédit

Le cruel problème qui résume la situation, c'est bien le manque de confiance mutuel entre l'entreprise et la banque. C'est le système d'asymétrie de l'information longtemps développé par le prix nobel Joseph Stiglitz dont nous parlons aujourd'hui. Comme son nom l'indique si bien, l'asymétrie de l'information c'est un partage déséquilibré de l'information. Cette inéquation s'observe entre les firmes et les banques concernant les risques des projets. 

Expliquons nous à travers un exemple, imaginons que nous voulions créer une nouvelle entreprise avec un projet peu risqué. Nous demandons donc à la banque un crédit, de notre coté, nous connaissons le risque de notre projet et donc un taux d'intérêt assez faible (plus un projet est risqué et plus les intérêts seront élevés). Cependant, le banquiers lui, ne connait pas le risque et il n'est pas en mesure de connaître tous les paramètres dans le sens où il peut supposer que afin d'éviter un taux trop élevé nous lui dissimulons des informations. En ce sens, il est incapable de juger efficacement le risque du projet et donc celui ci n'est pas en capacité de fixer un taux d'intérêt. Il va donc choisir un taux estimé de manière statistique à partir d'un échantillon de données. Ce taux étant un taux moyen, il sera plus élevé que le taux que nous aurions espéré sachant que notre projet présentait de faibles risques. De ce fait, nous pourrions renoncer à ce projet pour cause d'un taux d'intérêt inadéquat pouvant devenir rapidement prohibitif.

Face à cela, si nous avions un projet muni d'un risque important, de la même manière, le banquier aurait utilisé un taux moyen affecté de ses connaissances personnelles ce qui aurait donné un taux plutôt élevé mais acceptable. Cependant, dans ce cas de figure, nous sommes prêt à accepter de payer un taux élevé car nous savons que le risque est élevé. Donc nous prenons volontiers le crédit accordé par le banquier. Cela soulève un réel problème, en effet comme nous le voyons précédemment, les emprunteurs souhaitant un faible crédit sont découragés et les emprunteurs acceptant un taux élevés (projets risqués) ne sont pas gênés. La conséquence est que les portefeuilles d'actifs des banques deviennent beaucoup plus risqués. Pour lutter face à ce problème, les banques vont simplement limiter en nombre les crédits jugés risqués, on en conclut donc que les crédits aux PME sont naturellement rationnés par rapport à ce procédé.

Un problème d'autant plus fort dans la haute technologie

Dans les services ou plus généralement dans le domaine de l'immatériel, il est encore plus difficile voire quasiment impossible de créer une PME. La raison est très simple, contrairement au secteur industriel, les acquisitions ne peuvent pas être facilement revendues. En effet, si on prend une entreprise orientée vers de l'industrie lourde, elle va faire un prêt pour pouvoir acheter du matériel de production. En cas de dépôt de bilan, les machines peuvent être revendues aisément et la banque peut recouvrir une bonne part de ses pertes. Dans la haute technologie c'est différent, par exemple si l'entreprise investit pour des logiciels, il sera impossible de les revendre une fois acquis et donc la banque serait fortement atteinte par une faillite de l'entreprise en question. En conséquence, les banquiers n'accordent pas facilement ce type de prêts et encore moins pour des PME en développement.

L'intervention publique pour assurer l'octroi de crédits

Face à ce problème, les autorités publiques ont clairement intérêt à lutter contre ce phénomène d'antiselection où les projets à risque ont plus de chance d'être financé que les projets sûrs. Pour permettre aux entreprises de se lancer sans faire peur aux banques, les administrations publiques et européennes garantissent les prêts à travers une société du nom d'OSEO. Cette garantie est vraiment conséquente, elle peut varier de 40 à 70% de l'ensemble du prêt. Certes de nombreuses conditions sont à remplir, cependant cela laisse à la banque une certaine marge de manœuvre qui permet de briser l'asymétrie d'information et l'antiselection évoquée par Joseph stiglitz.

Articles sur le même sujet

Réagissez à cet article forex "Les PME ont-elles un bon accès au crédit ?"

  1. cela confirme les difficultés actuelles des banques.
    il y a encore du potentiel à la baisse sur les valeurs bancaires.

Ajoutez un commentaire

Trader invité Poster en tant que Invité
optionnel: vous recevrez les réponses suivantes par email (ne sera pas affiché sur le site)
Test anti-spam cette vérification apparaît car
vous n'êtes pas identifié sur forexagone