La politique monétaire chinoise pousse le monde occidental à la ruine

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Depuis déjà trois ans, la crise financière touche l'ensemble des états occidentaux. D'abord une crise du secteur privé qui, sans trop attendre se transforma en crise des déficits publiques. Nul ne fut épargné, que ce soit l'Europe avec la crise grecque ou bien la dette abyssale des États-Unis, l'ensemble des pays du nord auront payé tôt ou tard les dérives politiques ou financières des dix dernières années.

Cependant, s'il y a bien un pays qui ne connaît pas la crise, c'est bien la Chine. Depuis maintenant une vingtaine d'années, quel que soit le contexte macroéconomique, l'empire céleste affiche une croissance à deux chiffres. Sur cette impressionnante dynamique se pose la politique chinoise, la guerre monétaire entamée par le Chine n'est elle pas une cause du déclin occidental ?

 

Dévaluons le Yuan pour exporter le plus possible

La stratégie de la banque centrale chinoise ces dernières années a été simple, dévaluer pour mieux exporter. En comparaison aux États-Unis, le yuan ne vaut que 0,15 dollars. Cependant le FMI estime que sans manipulation artificielle, celui ci devrait se trouver autour de 0,25 dollars. Le Yuan est donc clairement sous évalué, il aurait du normalement s'apprécier de 60% par rapport à son cours actuel.

La sous-évaluation du Yuan déséquilibre totalement le marché mondial, la stratégie chinoise est simple : coût du travail le plus faible au monde assorti de la devise la plus faible possible. La combinaison est détonante. En maintenant artificiellement leur monnaie au taux de change le plus bas face à l'euro et au dollar, la Chine attire massivement les investissements étrangers. De la même manière que les anglais achetèrent massivement en France durant les années 90, les occidentaux délocalisent massivement en Chine. La profonde différence entre ces deux exemples, c'est que les investissements en Chine ne sont pas des résidences du Périgord mais d'immenses chaînes de productions.

De surcroît, le phénomène est catalysé par un coût du travail extrêmement bas et une bonne productivité horaire. Ainsi, cela coûte moins cher d'acheter une usine en Chine et ça coûte encore moins cher de faire travailler du personnel dedans. L'industrie occidentale s'est en grande partie déplacée en Chine pour ces raisons.

 

L'occident faible malgré un grand pouvoir de marché

La croissance effrénée de l'empire du milieu lui permet de rapidement s'enrichir au détriment de l'Europe et des États-Unis. Restons lucide, sur un marché d'échange, que ce soit du travail, des biens ou des capitaux, il n'y a pas de miracles, ce qui est perdu d'un coté ne peut être que gagné d'un autre. La stratégie de la Chine, à travers le maintient au plus bas de sa devise est de s'approprier les moyens de productions à l'occident et d'y exporter ensuite les produits finis de ces mêmes usines. En clair la Chine à besoin de l'occident pour générer sa forte croissance.

Ce pays est la deuxième puissance économique mondiale en terme de PIB total, néanmoins par habitant son classement est moins bon, elle se situe en 97eme place en 2010. Nul besoin de schéma pour comprendre que la Chine est un pays riche dotée d'une population pauvre. Ainsi, même grandissant, le commerce intérieur de la Chine est assez faible, car le revenu des ménages reste trop bas pour égaler d'une quelconque manière un marché occidental. Dans ce sens, la Chine a besoin du marché américain ou européen pour vendre ses productions et produire un tel PIB.

Les pays européens peuvent décider de ré-industrialiser le continent sans difficulté. Une simple taxe d'entrée aux frontières suffirait à dissuader les délocalisations. En effet, si les exportations chinoises étaient partiellement bloquées (à cause d'une taxe), le marché intérieur (à cause de sa pauvreté) ne serait pas en capacité de compenser l'offre. En conséquence la faible demande provoquerait inéluctablement une large baisse des prix à court terme, qui à son tour engendrerait une baisse de l'activité industrielle et donc une relocalisation des productions en Europe pour compenser la forte demande du marché européen (30% des échanges mondiaux).

Néanmoins, il semblerait que l'attentisme et la soumission soit de mise en Europe. La Chine aurait pu ne pas être acceptée à l'OMC (organisation garantissant un maximum de libre échange), mais personne ne s'y est opposé et sûrement pas les représentants européens. Vraisemblablement, on préfère sauvé le tourisme méditerranéen que l'industrie européenne...

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  1. Oui, je me suis fais la même reflexion avec une autre personne. La presse française ne se mouille pas, aucune forme d'analyse, seulement des copiers collers de l'AFP... C'est dommage, et surtout pour un journal comme le monde qui se dit "intellectuel" :(

  2. "L'article dans Le Monde, je l'ai lu en entier mais on parle surtout de la situation globale économique occidentale"

    voir TRES global... tellement global que ça en devient... vide ^^

    J'ai l'impression que les journalistes français ne savent que decrire, ou transmettre une info. Il n'y a pas de reelles recherches ou d'investigations derriere... :/

  3. Oui c'est en lisant cet article que j'ai eu l'idée d'en faire un sur la chine. J'en avais déjà fait un il y a quelques mois mais je n'étais pas rentré dans le vif du sujet de la même sorte ^^

    L'article dans Le Monde, je l'ai lu en entier mais on parle surtout de la situation globale économique occidentale, ce qui ne m'intéresser pas trop puisque j'ai déjà fait pas mal d'articles où je détaille dans divers thèmes les différentes difficultés de chaque continent.

  4. Tiens, dans Le Monde d'aujourd'hui, il y a un article d'un certain Antoine Brunet qui traite du meme sujet avec presque le meme titre ^^
    Mais qui se contente de decrire, il n'y aucune analyse derriere ni proposition...

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/08/la-strategie-chinoise-du-yuan-ruine-les-finances-en-occident_1557315_3232.html

  5. A mes yeux, l'analyse est tout a fait correcte, tout comme la conclusion sur l'attentisme et la soumission en Europe.

    En revanche, je ne pense pas "qu'une simple taxe aux frontieres" reglerait le soucis.
    Enfin en hypothese oui, je suis d'accord, mais dans les faits il y plusieurs difficultes.
    Bien que je ne maitrise absolument pas le sujet, voici ce que je vois. D'abord au niveau de l'application pure et dure :

    - l'effet d'une taxe aux frontieres francaises serait nul, et refroidirait enormement les relations politiques franco-chinoises : il suffirait a la Chine d'exporter en Italie, Autriche, et de la continuer a envoyer dans toute l'espace Shengen et donc la France.

    - une taxe aux frontieres europeennes me semble aujourd'hui impossible a faire accepter par l'ensemble de l'UE, meme si 1 pays en prend l'initiative. On voit bien la maniere dont nos dirigeants europeens s'entendent entre eux.

    Maintenant, en supposant que d'une quelconque maniere, il y ait une taxe aux frontieres.

    - Ce serait un excellent pretexte pour les entreprises exportantes chinoises / implantees en Chine pour augmenter le prix de produits qui nous sont indispensables : au hasard, les vetements et les produits electroniques dont nos maisons sont sur-equipees. Ordis, tv, chaines hifi, jeux videos, telephones portables... Rien que dans ces 2 secteurs, ca representerait pour le foyer normal un pouvoir d'achat beaucoup plus faible..

    - Enormement d'entreprises francaises/europeennes sont implantees en Chine, et la plupart prevoient dans leur PMT (Plan Moyen Terme = 3, 4 ans) d'investir davantage, de construire de nouvelles usines... Je pense notamment au secteur automobile. Et je ne parle pas des constructeurs, qui s'en mettent quand meme plein les poches, mais plutot des equipementiers et sous-traitants dont les marges sont plus serrees. Pour tous ceux qui ont enormement investi en Chine ces dernieres annees, que va-t-il se passer ? En effet, contrairement au point precedent, leur client n'est pas l'utilisateur final sur qui ils peuvent repercuter ce surcout, mais bien un constructeur, plus ou moins sensible a la situation.

    - Je vois mal une taxe aux frontieres pour les produits Made in China uniquement. Et je pense que ca risque aussi de vexer d'autres partenaires, comme les US et le Japon...

    Je me repete, mais si je suis d'accord avec le fond de l'analyse et la conclusion, je ne pense pas qu'une taxe aux frontieres regle veritablement le probleme, ou du moins je ne pense pas que ce soit aussi simple.

    Enfin, les gouvernements sont bien-sur fautifs de cette soumission, mais les entreprises europeennes aussi, dont certaines imposent a leurs acheteurs d'avoir X% de leurs achats dans les Low Cost Coutries, comme la Chine, meme s'ils trouvent moins cher dans des entreprises locales. Je connais des acheteurs qui se sont fait taper sur les doigts pour ce motif. Il faut d'abord changer ces politiques d'achats, et beaucoup d'entreprises se relocaliseront ! Dans l'automobile, les sous-traitants de rang 3 se relocalisent de plus en plus !

    Tout ca pour dire que les 1er acteurs devraient etre l'industrie. Car si le gouvernement peut faire flechir l'industrie, l'inverse est aussi valable ! L'industrie europenne s'aveugle elle-meme avec ses illusions, elle est en grande partie victime d'elle-meme !!

    Voila, c'est juste mon point de vue, qui n'est certainement pas celui d'un expert ^^

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