Réduction des budgets de la défense: quels enjeux ?

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La France part à nouveau en guerre bien loin. La situation du Mali, bien qu’il n’en soit pas question ici, force une intervention. La France, historiquement grande nation de la guerre, ne l’ai plus vraiment. Les budgets militaires en baisse quasi constante depuis 20 ans permettent encore quelques sommaires opérations extérieures, mais face à une réelle menace, l’armée ne nous défendra pas longtemps.

L’Etat de la défense en Europe

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les budgets de la défense s’harmonisaient en moyenne autour de 3% du PIB. Aujourd’hui, le budget français attribué à la défense en 2013 ne dépasse pas de beaucoup les 1.5%. Cette tendance s’observe exactement dans l’ensemble des pays de l’Euro. Elle s’explique évidemment par la fin de la menace soviétique au début des années 90.

L’Europe ne constitue pas une entité militaire homogène, la diversité de langues, d’armements et de hiérarchies ne permettent aucune cohésion en face d’une éventuelle menace d’envergure. Et ce si bien que constatant l’hétérogénéité politique, économique et sociale, difficile de croire que l’Allemagne prêterait des soldats aux grecs. La baisse continue des dépenses militaires a fini par accroitre l’accroche de l’Europe à l’OTAN. Le problème demeure dans le fossé qui sépare les deux parties de l’alliance transatlantique. En effet, dans le cas où l’équilibre des forces n’est pas trouvé, l’alliance devient plutôt un protectorat, et nait alors une nécessaire relation de soumission.

Pourquoi donc cela ?

La chute de l’URSS devait définitivement éteindre toute forme de menace susceptible de déclencher un conflit mondial. Et pour l’heure, cela fonctionne, cependant les excédents budgétaires gagnés n’ont pas été si bénéfiques que supposés. La thèse justifiant ce changement de politique est celle de la disparition de tout conflit. Elle se base sur l’intérêt collectif et la providence matérielle par la création d’un marché économique mondial. A ce moment-là, les gains collectifs dépassent ceux qu’individuellement la guerre pourrait amener. C’est le concept du « dernier homme » qui prévaut, avancé par Nietzche en son temps. C’est le nihilisme sous sa forme passive, et plus clairement c’est un état dans lequel l’homme ne désire plus individuellement que le bien-être et la sécurité. L’homme se satisfait alors pleinement de son absence d’ambition. Cet état ne peut se trouver que dans la paix, et la richesse, et l’une n’existe avec l’autre que dans une économie de marché libérale.

Le concept se fonde en pratique sur l’individualisme et le plaisir personnel, mais pas complétement sur l’hédonisme car l’absence de déplaisir n’est pas nécessaire, et le plaisir est uniquement matériel, fondé sur les surcroîts de la technologie et de l’industrie ; et ce si bien que le montre les succès du smartphone. La guerre ne doit plus être interdite pour les Etats, mais surtout pour les hommes qui les peuplent.

La guerre est donc mal perçue, ce qui parait naturel dans une dynamique d’enrichissement personnel. Mais elle n’est perçue que sur le plan offensif, et le nihilisme européen, par vecteur de média a tendance à être pensé partout, mais appliqué nullement ailleurs. En ce sens, les européens pensent qu’en aucun cas, ils ne pourront être attaqués, puisque chacun étant dans le même panier idéologique, ils n’auront pas à souffrir l’un de l’autre.

Mais cette idéologie a une limite

Cette logique de nihilisme n’est bonne que si tous la suivent. En effet, opposée à celle de la volonté de puissance, elle suppose en sa toute dernière fin, la disparition des conflits de pouvoir. Il est évident que ceux n’ayant pas adopté cette idéologie, auront une volonté de puissance. Et le nihiliste ne pourra rien faire, puisqu’il ne fait pas la guerre. Hors des puissances comme la Chine, les Etats-Unis ou la Russie, sont bien loin d’être des adorateurs de Nietzsche. Les émergents, notamment la Russie et la Chine n’ont d’ailleurs de cesse que de réarmer et de développer leurs implantations économiques extérieures.

Les anciens budgets militaires ont été transférés sur le domaine social, évidemment lié à cette logique du dernier homme, où seul la sécurité et le bien-être domine, ainsi les dépenses étatiques doivent desservir ce but. Mais là réussite n’est pourtant pas plus au rendez-vous, et le contentement de cette providence n’a pas de constance, il appelle la dette à mesure qu’il la consomme et en demande d’avantage.

En conclusion, quoique le sujet soit sujet à la subjectivité, le transfert des dépenses militaires sur les dépenses de bien-être ne semble pas approprié au contexte global. En effet, si le souhait de ne plus verser dans les campagnes militaire est légitime, il ne doit pas obstruer celui de pouvoir répondre. Le chef de l’Etat-major finlandais a d’ailleurs communiqué être incapable de résister une semaine à une offensive limitée. L’Europe est à la fois, un trésor économique surendetté, et une proie facile, les raisons de la prendre ne manqueront pas à celui qui s’en donnera les moyens.

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