Résultat nuancé pour les banques américaines

JP

C’est l’heure de faire les comptes outre Atlantique, et malgré des fondamentaux plutôt passables, les grandes banques d’affaires raflent le pactole. Visiblement, les dépôts et les prêts se sont accrus, l’afflux de liquidité dope les marchés, et les banques en tirent profit. Cependant, si certains dépassent largement le consensus, d’autres déçoivent sérieusement les investisseurs.

Résultats des courses

On remarque surtout une variance des bénéfices assez importante, et si JP Morgan Chase & Co engrange chaque année toujours plus, il n’en est loin de même partout. En tout, cette dernière fera un total de 21.3 Milliards de dollars de bénéfices sur l’année, avec un quatrième trimestre à 5.7 Milliards. Son BPA (bénéfice par action) trimestriel étant de 1.39 dollars. Le consensus n’a pas été fortement dépassé. Face à elle, la célèbre Goldman Sachs fait moins, et rapporte un bénéfice de 2.89 Milliards sur le dernier trimestre, c’est deux fois moins que sa concurrente, mais 3 fois plus que le résultat du même trimestre de l’année passée. Son BPA lui aussi est en nette progression avec 5.6$ par action, contre 1.84$ l’année d’avant. Wells Fargo, elle fait 5.1 Milliards de dollars de bénéfices au T4, et ce avec un BPA de 91 cents. Elle réalise une amélioration de 1 Milliards par rapport à l’an dernier, ce n’est pas une grosse surprise.

Mais, tous les résultats ne sont pas si bons. Bank of America ne propose qu’un bénéfice de 3 cents par action, et un résultat au quatrième trimestre de 0.7 Milliards de dollars, très léger pour un des gros lourds de Wall Street ; au même moment l’an dernier, les profits touchaient les 2 Milliards de dollars. Sa performance en BPA est au-dessus du consensus, mais pour l’ensemble elle est en dessous. Dans les mauvais, on trouve aussi Morgan Stanley, avec seulement un bénéfice d’un peu plus de 500 Millions de dollars, ou encore Citigroup qui malgré 1.2 Milliards de dollars de bénéfices sur le dernier trimestre déçoit par sa gestion d’actifs. La banque a enregistré pourtant une forte croissance des dépôts (7%), mais en même temps une forte dépréciation des actifs Citi Holdings (31%), toutefois cela ne reste qu’une mauvaise gestion interne.

Donc pour l’ensemble du secteur, même si certains résultats déçoivent, les bénéfices restent toujours largement positifs.

Les bénéfices sont-ils pérennes ?

Les banques américaines font des gros scores, notamment JP Morgan, est-ce que cela constitue une opportunité d’achat spéculatif, ou alors d’investissement à plus long terme ? Pour essayer d’y répondre, et connaissant le niveau de transparence dans les activités bancaires, nous nous cantonnerons à une analyse générale de principaux indicateurs financiers.

Le bénéfice par action est un bon indicateur de performance de l’entreprise, meilleur que le résultat total ; il témoigne de la bonne santé de la société et détermine le PER de l’entreprise, le PER lui est le ratio du cours de l’action sur le BPA. Ce dernier montre la cherté du titre d’une entreprise dans son secteur, plus il élevé en rapport à la moyenne de la branche, plus l’action est considérée comme « chère ». Une action « chère », en termes concrets, signifie que la valeur de l’action est importante par rapport au bénéfice rapporté sur chacun des titres (un PER de 10 est une valeur centrale en général). Il va sans dire, l’impact sur le dividende versé, en effet le dividende résulte du bénéfice, et il s’attribue uniformément sur toutes les actions, donc plus le BPA est faible, plus le dividende sera faible.

Dans notre panier de banques, on distingue deux groupes, le premier est constitué de Wells Fargo, Goldman Sachs et JP Morgan Chase. Celui la présente des PER plus ou moins centrés autour de 10. Et le groupe Bank of America et Citigroup, respectivement à 45 et 17. Les titres des premiers sont donc « au prix », et les titres des seconds sont alors surévalués par rapport à leurs bénéfices. Que traduit donc cette surévaluation ? Pour que le titre soit si haut face à ses fondamentaux économiques, c’est que la demande en titres est plus élevée qu’en temps normal. Et donc que le marché spécule à la hausse sur la hausse des bénéfices dans le temps. En plus clair, tout le monde en veut car on pense qu’un jour ça vaudra plus, donc instantanément ça fait monter le prix de l’action sans que les bénéfices suivent simultanément. Mais attention, car si les attentes n’étaient pas satisfaites, alors l’échec n’en serait  pas moins gros que la bulle formée. Et notamment, Bank of America, a été durement sanctionnée entre jeudi et vendredi pour ses résultats trop bas.

D’un autre côté, JP Morgan a un PER de moins de 9, le plus faible des grandes banques, cela témoigne d’un manque d’engouement du marché pour l’action, et ainsi une anticipation vers un ralentissement. Donc si JP Morgan Chase n’est pas chère, c’est que peut être les profits exceptionnels ne tiendront pas bien longtemps. Par ailleurs, et sans rentrer dans le détail, les banques à gros bénéfices proposent des rendements nettement supérieures aux autres, notamment autour de 0.6%, alors que Citigroup, Morgan Stanley et Bank of America sont plus autour du 0%. Mais leur PER surévalué témoigne peut être d’un espoir des investisseurs.

En conclusion, malgré un gros effet médiatique des profits record de JP Morgan Chase & Co, nous émettons des doutes quant à la foi des investisseurs en ces profits. Difficile de ne pas s’interroger sur la provenance de profits si gargantuesques, mais nul n’est sans savoir la gabegie de la régulation bancaire américaine. Et faire venir 21 Milliards de dollars dans une économie sous perfusion de liquidité a de quoi inquiéter, mais là n’est pas notre sujet. Les marchés ne se bousculent pas derrière les banques à grands profits cette année, et les outsiders dont les actions sont à des niveaux relativement faibles (11$ pour Bank of America, 21 pour Morgan Stanley, contre 141 pour Goldman Sachs), se voient crédités d’un certain engouement, néanmoins déçu des résultats 2012. Le marché des actions bancaires américaines manque de lisibilité, difficile d’arbitrer dans tout cela. 

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