La déflation salariale menace l’Europe

hollandel

La déflation salariale, comme le présente Xavier Timbeau, directeur de l’OFCE, c’est une baisse du niveau des salaires. Le SMIC français est dit trop haut, et ce surtout vis-à-vis de l’évolution des salaires en Allemagne ou en Espagne. De la flexibilité dans les rémunérations pour de la compétitivité, le nouveau crédo de la gauche et de la droite française, certainement individuellement efficace, mais pas nécessairement autant dans le cadre européen.

La disparité des salaires de base en Europe 

L’Europe peut se vanter de sa monnaie unique, les politiques du travail elles, sont bien variées. Les niveaux de salaires minimum, parfois même inexistants, peuvent aller du simple au quadruple comme le montre ce graphique. Les pays scandinaves, et l’Allemagne n’ont pas de salaire minimum généralisé.

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On remarque ici deux tendances, des pays aux salaires minima relativement élevés, comprenant : la France, la Belgique, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni. L’autre groupe est composé de pays méditerranéens ou de pays de l’Europe de l’Est.

Le modèle de flexibilité allemand.

En Allemagne, il n’y a pas de salaire minimal général comme en France. Mais il existe tout de même des niveaux minimums qui sont négociés entre les partenaires sociaux, et ce dans chaque branche professionnelles. Mais les écarts peuvent être importants, par exemple dans les services de télécommunication, le revenu minimal est de 7 € de l’heure. Et face à cela, celui de la construction est de 14 €. Donc selon la conjoncture, et des forces en présence, ces niveaux de salaires peuvent bouger sans contrainte, si la déflation et la récession touchait l’Allemagne, on ne pourrait s’étonner de voir des salaires minimums non loin de 5 € de l’heure.

Salaire et compétitivité

La compétitivité d’une zone économique est en partie fonction du salaire minimal. En effet, si pour des produits de haute qualité, il est important d’avoir des ouvriers hautement qualifiés, et donc hautement rémunérés, pour ce qui est des produits moyen/bas de gamme, l’attractivité du produit est le coût. On parle alors de compétitivité-coût, c’est ce qui motive les pays industrialisés à faire produire en Asie ou en Europe de l’Est, où on voit ici que les salaires minimaux sont encore très faibles. 

La guerre du salaire

Le diagramme précédent montre une très forte disparité des politiques de rémunération minimales. L’Allemagne souhaite que la France s’approche de son modèle de flexibilité, mais attention, il y a un énorme risque à cela. Le meilleur exemple est celui de l’Espagne, en effet l’Etat ibérique a refusé le programme OMT proposé par la banque centrale européenne, pour un refinancement. Avec un taux de chômage qui avoisine les 27%, le pays n’a aucune autre solution que de chercher à relancer l’emploi. Et pour ce faire, il va choisir de diminuer les salaires, à ce moment-là, l’Etat espère un gain de compétitivité qui devrait relancer le marché du travail. Mais cette politique a une limite, tout comme dans un jeu du prisonnier, si les autres s’y mettent aussi, on entre dans un cercle vicieux. L’Allemagne en est le précurseur, en effet elle vante ses hauts salaires chez les ingénieurs, mais son quasi-plein emploi, elle le doit à une forte politique de salaire précaire. Les jeunes espagnols étant sous le joug d’un salaire minimum, ne trouvent pas d’emploi faute de croissance dans leur pays, alors vont en Allemagne, c’est le jeu de la compétitivité. Donc maintenant, l’Espagne espère motiver à nouveau l’emploi, et attirer des investissements de production étrangers (exemple : une entreprise française n’est pas assez productive pour être rentable aux vues des niveaux de salaires, elle choisit donc de s’implanter quelques centaines de kms plus au Sud en Espagne). A court terme, les effets positifs sont indéniables, mais à ce moment la France pourrait aussi abaisser son SMIC, et ainsi annuler les effets de l’abaissement espagnol. Et si on raisonne par induction, tous les pays finissent avec des salaires très faibles, et pourtant avec aucun gain de compétitivité. De surcroît, la baisse des salaires fait baisser la consommation, donc la croissance, et aussi  la demande, ainsi la production des entreprises diminuent (puisqu’il faut ajuster l’offre à la demande) et donc l’emploi diminue aussi. 

En conclusion, le modèle européen est totalement incohérent par la disparité des salaires minimaux, et d’autant plus par leur absence dans certains pays (qui de plus sont, donneurs de leçons). La politique de déflation salariale compétitive est absurde au niveau individuel, elle ne mènera qu’à une aggravation de la conjoncture économique globale à terme. C’est plus à l’Allemagne de créer un salaire minimum qu’à la France de le détruire. 

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  1. ...quand à croire que ça s'arrange (espagne...) je vous laisse à votre candide optimisme : dans quelques mois ce sera la france qui sera en crise auss violente que cela à été et est encore en espagne , portugal, italie....i

  2. quand je parlait des patrons (qui en fait ne sont que des salariés ......bien que un peu spéciaux....) j'entendais les actionnaires ou plus exactement les détenteurs du capital ...
    quand aux préoccupations sur l'emploi dont feraient preuves constantes et objectif majeur....si c'était le cas ça se saurai depuis longtemps : le seul objectif du patron -salarié à la solde du capitaliste c'est de "faire pisser" un maximum de profit à l'entreprise , c'est d'aileurs inhérent à la nature même du capitalisme .., pour lui tout le reste n'est que foutaise !!!!

  3. Trader invité GL-CH

    Nouvelles du jour 03.06.2013 : CQFD reste encore à appliquer à la Fr
    Lors de ses récentes prévisions économiques, la Commission européenne a déclaré qu’elle s’attendait à ce que le PIB de l’Espagne atteigne son plus bas niveau vers la fin de l’année. Afin de stimuler son économie, l’Espagne a mis en place des mesures d’austérité et des réformes structurelles fortement critiquées, mais cela semble porter ses fruits: l’excédent de la balance courante n’a cessé d’augmenter et les investissements étrangers reviennent. Le gouvernement a déclaré un déficit budgétaire inférieur à 7% pour 2012, en nette amélioration par rapport au 9,4% de 2011. Les dépôts des particuliers et des entreprises dans les banques espagnoles sont en hausse, ce qui signifie que le pays devrait être de moins en moins dépendant de la Banque centrale européenne (BCE). En février, le premier ministre Mariano Rajoy s’est engagé à effectuer une deuxième série de réformes, y compris des baisses de TVA et la mise en place d’aides pour les start-up et les travailleurs indépendants.

    Les perspectives s’améliorent également pour l’Irlande.

  4. C'est une vision générale qu'il faut, je n'ai proposé qu'un élément de réponse dans un ensemble. Je n'ai pas dit qu'il fallait l'augmenter en France, il est considéré comme " trop haut" par les économistes.

    Tout dépend de la vision qu'on a de l'économie, moi je suis plutôt colbertiste et donc assez peu libéral. Abaisser les salaires n'est pas une solution, ils l'ont fait en 29 et ils l'ont visiblement oublié... Le libéralisme total n'élimine pas les crises comme la fameuse "main invisible" de Smith. Le retour au libéralisme sauvage ne sauvera pas l'économie, et ne fera qu'accroître des tensions sociales assez relevées en Europe.

    Pourquoi la doctrine de l'OMC devraient-elles primer ? Je pense que la France ou au moins l'Europe a tout à gagner à opérer une politique protectionniste. Pour relancer l'emploi, il faut commencer par créer un emploi potentiel, c'est à dire re-industrialiser... Vous pouvez supprimer le salaire minimum, s'il n'y a pas d'usine, il n'y a pas d'emplois. L'Europe est un gros marché, être fataliste à dire qu'elle doit se ramener à une politique chinoise est réducteur à l'égard de la haute qualification de sa main d'oeuvre... La France doit choisir, comme l'Allemagne l'a fait, de monter en gamme dans ses produits industriels.

    Retraite à 70 ans avec 45 h par semaine ? Autant ne pas faire de retraite et privilégier le modèle de capitalisation assorti à une solution démographique signée Attali... La France a en effet un problème de compétitivité-coût, mais il ne faut pas mélanger salaire minimum et cotisations sociales qui sont des choses bien distinctes...

  5. Trader invité GL-CH

    Bonjour Roland,
    Je ne suis pas du tout d'accord avec vous concernant votre article sur les salaires minimaux.
    Les emplois sont en Asie.
    Les dettes en Europe.
    Donner plus d'argent aux consommateurs en faisant des dettes c'est créer des emplois en Asie !
    Parole de Suisse. L'horlogerie CH sur-performe grâce à l'Asie.
    Si on ne peut pas ramener les emplois d'Asie en Europe, il faut faire que les nouveaux emplois créés le soient en Europe et pas en Asie. Donc stop aux charges sociales qui plombent l'emploi !!!
    Il y a aussi des consommateurs en Asie, c'est à eux de prendre le relais et d'acheter des produits EU de qualité.

    Sinon je peux vous dire que votre discours est très "Français".
    Il faut arrêter partout en Europe de créer des emplois bidons en faisant de la dette.
    Le gouvernement ne peut rien à long terme si le système est mauvais.
    Le gouvernement ne peut pas sauver le pays, c'est le pays qui doit réussir.

    Et une remarque pour dollar :
    Bonjour dollar.
    Les patrons c'est qui ? les actionnaires ou les directeurs ?
    Il est faut de voire une lutte entre employeurs et employés... Ils sont du même côté. Les deux aimeraient de l'emploi en France... mais cela n'aura pas lieu...
    Car chaque nouvel emploi créé ira au bon endroit... là où c'est le mieux pour celui qui le crée... donc, aujourd'hui et si rien ne change : pas en France... et soyons heureux si c'est en Europe...

    La France peut mieux faire, devrait mieux faire, aurait dû mieux faire mais n'a rien fait et ne fait rien...
    A quand un changement ?

    Retraite à 70 ans. 45 heures de travail. Maximum 15% de sécu (par employeur et employé ensemble).
    Et là 1. Les emplois vont se créer Puis 2. Les salaires vont monter !

    A quoi ça sert des salaires minimaux Fr et des lois Fr si les emplois vont se créer en E, D, CH, Pol, Hongrie etc?

    Allez au travail maintenant !

  6. il n'y a que 2 sources d'écoulement de la production : le marché intérieur ou les exportations....or tous les pays européens dépendent essentiellement de la consommation dans leur marché intérieur...donc tout ce qui affaibli le pouvoir d'achat de la masse affaiblit la demande donc la production .....voie sans issu donc dans cette sorte de course folle au moins-disant , sans compte l'aspec inhumanitaire de la chose... par contre on pourrait peut etre se pencher avec plus de détermination vers la répartion de la richesse crée par les entreprises entre ce qui va au salaire direct et indirect et ce qui va aux détenteurs de capitaux .....il est de notoriété qu'en 20 ans la part revenant au capital à sensiblement augmenté au détriment de la part revenant au travail .....n'en déplaise à mme parisot et sa clique de patrons qui se plaignent toujours la gueule pleine.........

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