Les bad banks : une facture de 1000 milliards d'euros

subprimes

La crise des subprimes, on en parle au passé, et pourtant dort encore bombe financière évaluée à 1000 milliards d’euros en Europe. Si les banques et les Etats ont mis la poussière sous le tapis, il n’en demeure qu’elle y est toujours, et qu’il faudra bien la sortir. Nous allons voir à travers des institutions appelées « bad banks » ou en français « banques poubelles », comment nous avons si aisément tiré un trait sur les dettes des banques européennes.

Une bad bank en clair

En 2008, la crise des subprimes atteint l’Europe, les banques disposent d’une forte quantité de crédits dits  « subprimes ». Ce sont des crédits hypothécaires, les ménages américains se sont lourdement endettés ont mis en gage leurs biens immobiliers, toutefois l’éclatement de la bulle immobilière va mettre en péril les ménages n’étant plus solvables, et ce d’autant plus que la déflation immobilière fait subir aux banques des pertes lors de la vente des maisons cédées. La particularité des crédits subprimes, c’est que le taux d’intérêt est variable, et il évolue inversement proportionnel du prix de la maison. Les banques vont donc se retrouver avec des titres de dettes relativement chers et dont personne ne veut. Et les banques ne sont pas des Etats, elles ne peuvent pas annuler leurs dettes sans déposer le bilan. Elles vont donc déplacer leurs créances toxiques sur d’autres institutions, les bads banks.

Une bad bank est une institution indépendante qui va collecter les créances insolvables, elle peut être privée ou publique. Cela permet de nettoyer les hauts de bilan des banques, qui sans cela demeure paralysées par le risque d’insolvabilité. Le problème demeure le financement de cette nouvelle entité, car la bad bank va acheter à la banque en difficulté les actifs toxiques. Le plus souvent les banques vont vendre des actions ou des dettes en contrepartie.

Dans le cas public : Ici, c’est l’Etat qui va prendre en charge les actifs inefficaces, et ce en échange d’obligations de l’agence. C’est une mesure d’urgence, car bien sûr ici, c’est le contribuable qui paye les déboires bancaires, il convient ici de nettoyer les hauts de bilan afin d’éviter une contagion avec une crise de liquidité. Les Etats européens ont réalisé cela en 2010 pour éviter une faillite bancaire générale, par contre l’impact sur les finances publiques est immédiat ; en effet l’augmentation du déficit public s’exprime en fonction du différentiel de prix entre l’acquisition et la cession par la structure de défaisance publique. La dette de la bad bank s’ajoute donc immédiatement à celle de l’Etat. De plus, ce n’est pas une solution miracle, car elle dépend fortement des pouvoirs politiques, et comme le montre l’affaire du Crédit Lyonnais, ce n’est pas nécessairement un succès.

Pour une structure privée : Dans le cas-là, le financement est moins simple car si on observe (et c’est le plus souvent le cas) une moins-value sur les cessions des produits toxiques, ce seront les actionnaires qui en pâtiront sur leurs dividendes. Toutefois, il n’engage pas le contribuable, et se justifie mieux en absence de contexte de crise.

Quel avantage à cette méthode ?

On sait que d’une façon ou d’une autre le problème lui-même ne se règle pas, toutefois, l’utilisation d’une bad bank présente souvent d’importants avantages. Le premier, c’est que par expérience, laisser ne serait-ce qu’une banque sombrer provoque une catastrophe économique et financière à échelle planétaire, il suffit de voir ce qui s’est produit lorsque les Etats-Unis ont laissé tomber la banque d’affaire Lehman Brothers. L’intérêt est ici d’isoler les activités toxiques des activités rentables. A travers ce nettoyage,  la banque aura une bien meilleure solvabilité, et donc cela aura deux effets : le premier de calmer les marchés financiers, en réduisant le risque de contamination, le second, conséquence du premier est de permettre à la banque de lever à nouveau des fonds, et disposer à nouveau de liquidités, chose impossible lorsque son bilan était trop lourd. D’autre part, la banque n’est plus soumise aux pressions des créanciers, et peut donc liquider ses actifs toxiques à de meilleurs prix, aussi elle pourra se recentrer sur ses activités traditionnelles, plutôt que d’allouer ses efforts au traitement des actifs toxiques.

L’inconvénient : un coût difficile à évaluer

A priori, lorsque par exemple la bad bank est publique, il est difficile d’évaluer le prix réel du marché des actifs de la banque. Souvent le prix tend vers la nullité, mais l’Etat les achètera a « prix d’ami », ce qui aura la vertu de limiter les pertes pour la banque, toutefois l’Etat devra se débrouiller pour écouler ces actifs à un prix correct afin de limiter ses pertes. En réalité, lorsque l’opération commence, on n’a aucune idée de combien cela coutera, puisque cela dépend de la capacité à la bad bank de liquider ses actifs. En conclusion, nous pouvons dire que dans ce genre de technique, les pertes sont socialisées (puisque c’est le contribuable qui s’en charge), et les bénéfices sont privatisés (puisque ce sont les actionnaires qui gagneront un meilleur dividende à la fin). Elle est donc assez injuste.

Aujourd’hui, il existe de nombreuses bad banks en Europe, Dexia en est devenue une par exemple, en Espagne il existe la Sareb qui est la structure de défaisance des banques espagnoles actuellement en péril (elle a 15 ans pour liquider 197 000 biens, principalement immobiliers). On estime aujourd’hui un total en Europe de 1000 milliards d’euros d’actifs non liquides à vendre. Si la récession persiste, la cession de ces actifs pourrait être fortement entravée…

Réagissez à cet article forex "Les bad banks : une facture de 1000 milliards d'euros"

  1. Trader invité Crazyz

    Pour créer la panique ?
    Le système financier repose uniquement sur la confiance qui se cultive avec le mensonge, la panique et un désherbant, autant se tirer dans le pied !

  2. Trader invité Mister No

    Pourquoi les chaines de télé n'en parlent pas ?

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