Rapport de l’OCDE pour la France: relancer la compétitivité

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Le secrétaire général de l’OCDE, monsieur Angel Gurria a remis, mardi 19 Mars à Pierre Moscovici, un rapport concernant les mesures de relance pour l’économie française. Considérant celle-ci comme relativement épargnée des tourments de l’Europe, l’institution demande alors à la France de relancer la croissance ainsi que la compétitivité au même moment. 

Accroître la croissance potentielle

La croissance potentielle, on pourrait aussi l’appeler croissance « naturelle » c’est ce qu’un pays devrait ramener comme différence de PIB d’une année à l’autre en éliminant les aléas conjoncturels. La différence entre le PIB potentiel et le PIB effectif (celui qui est véritablement réalisé) s’appelle un écart de production. Nous ne maitrisons pas les écarts de productions, ils sont conjoncturels et donc aléatoires. Par exemple : une catastrophe naturelle ou encore d’importantes grèves.

Accroitre la croissance potentielle revient non pas à travailler sur le court terme mais sur le long terme, et pas non plus dans des mesures conjoncturelles mais plutôt structurelles. De ce type de mesures, découle un effet sur la compétitivité. Cette dernière, cheval de bataille de l’OCDE, est nécessaire à une reprise de croissance aujourd’hui. Nous avions déjà détaillé plus grandement l’ensemble des points définissant la compétitivité d’un pays, désormais nous ne retiendrons seulement que cela réside seulement en : produire moins cher, ou produire mieux. Il est nécessaire de garder un schéma synthétique est clair, nous pourrions développer l’ensemble des points, mais certains ne sont pas des variables de mêmes types (par exemple on ne traite pas de la même façon la gestion des infrastructures et la politique du travail). 

Le secrétaire félicite le nouveau gouvernement quant aux mesures déjà prises, et l’encourage à chercher à accroitre la productivité française. C’est à croire qu’il manque de renseignements, car le gouvernement n’a entrepris aucune mesure structurelle pour une éventuelle relance (et le revendique), par ailleurs la productivité française est une des plus élevées au monde, raison pour laquelle, chercher à l’accroitre serait vain.

Quelles méthodes pour relancer la compétitivité ?

Dans un premier temps, l’OCDE conseille une baisse importante des dépenses publiques pour limiter la charge fiscale sur les entreprises, et donc accroitre leurs marges. C’est une vision néo-classique qui se défend dans la situation actuelle, mais au lieu de freiner le multiplicateur keynésien des dépenses, il conviendrait plutôt d’équilibrer l’imposition des hautes sociétés, et notamment concernant les prix de transfert qui, s’ils étaient honnêtement taxés rapporteraient plus de 50 milliards d’euros au gouvernement sans grands effets récessifs…

Il est évident que l’on ne peut pas mener une politique de rigueur seulement par l’impôt, car nombre d’études statistiques démontrent, contrairement au modèle keynésien que la hausse des impôts a un effet récessif plus accru que celui la baisse des dépenses. Elu pour une politique de gauche, François Hollande va néanmoins suivre les conseils de l’OCDE, notamment voulant faire passer le budget de la défense de 32 Milliards d’euros à 30. Ce qui, sur le plan stratégique a des conséquences plus qu’importantes, et là n’est pas la question. 

L’idée de l’OCDE consiste à annuler les effets pervers des taux d’intérêts en se soustrayant à l’effet d’éviction pour permettre une stabilisation des budgets, puis se concentrer sur des mesures structurelles pour l’emploi. Si l’idée n’est pas mauvaise, elle est bien tardive, car avec une recette de 210 milliards d’euros et une dépense de 290 Milliards d’euros, il faut trouver 80 milliards d’euros, supprimer l’éducation nationale et l’enseignement supérieur ne suffirait pas… Et si on souhaitait mener une politique à la chypriote, cela ne serait pas non plus suffisant puisque l’épargne des français ne dépasse pas les 1800 milliards d’euros, même en la supprimant la dette ne serait épongée, et l’effet récessif de cette ponction assure un retour de l’effet boule de neige. Avec une charge d’intérêt qui dépasse distinctement tous les budgets, l’Etat n’aura tôt ou tard que le choix d’envisager des mesures éminemment coercitives ou tout simplement de ne pas rembourser sa dette. Pour conclure sur ce point, il semble que la politique budgétaire proposée par l’OCDE ne colle pas avec la réalité.

Un autre registre très classique de l’OCDE est celui du marché du travail, nous en avions déjà parlé, mais une position néo-classique est celle de l’absence d’assistance aux chômeurs. L’OCDE propose une « réforme » des indemnités chômages et une simplification des modes de prélèvements et de transfert. Il s’agit bien sûr ici, de changer de modèle de sécurité sociale, plus clairement, passer du modèle à la Bismarck actuel au modèle à la Beveridge anglais. C’est-à-dire, ne proposer qu’une couverture universelle très basse. L’idée est toujours la même, abaisser les allocations chômage pour contraindre le chômeur à chercher du travail. Le pire étant qu’il meurt de faim, ou de froid, cette indemnité ne vise qu’à le faire survivre.

Quelle limite à la compétitivité ?

L’OCDE demande à tous les pays de devenir des zones économiques plus compétitives, mais il n’en est rien. Si bien que dans un championnat, il n’est de mesure que la meilleure. La mesure de compétitivité est donnée par le plus compétitif, le drame est de trop s’en écarter, c’est une course de fond, dans laquelle il faut coller le groupe de tête. La compétitivité est totalement liée à la mondialisation, le transit libéré en mains d’œuvres, matières premières et surtout en capitaux, offre la capacité aux entreprises de s’installer où bon leur semblent. Donc au lieu de fermer, faute de rentabilité, elles s’en vont, là où une compétitivité accrue leurs permettraient de subsister. Les Etats ne vont donc pas adapter leurs entreprises, mais s’adapter aux entreprises. La France fonctionne à reculons, elle se mondialise mais ne se libéralise pas, l’OCDE a tout à fait raison dans le cadre de la mondialisation, mais tout reste à savoir si c’est une bonne fin…

En conclusion, l’OCDE continue à vouloir libéraliser la France, à converger vers un modèle néo-classique anglosaxons. La compétitivité de la France décroissant, il convient alors de rattraper le retard, de tailler fortement dans les dépenses, notamment sur les allocations chômage pour jouer sur deux tableaux en même temps. Faire baisser les dépenses publiques, et de plus forcer le chômeur à la recherche d’un emploi, par le chantage à la misère. Toutes les mesures, servis par l’OCDE depuis bien longtemps forcent effectivement la baisse du chômage, mais en contrepartie d’une hausse significative de la pauvreté. Tel en atteste le modèle ordo-libéral allemand. Et pour terminer, nous ne pourrions mieux faire que citer Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit ». 

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  1. Impressionnant commentaire Roland, après lecture je doute que les gens qui touche le SMIC pour un dur labeur avec des enfants a charge soit prêt a baisser leur salaire au vu du coût de la vie des loyers, des assurances, quant au retraités qui ont bossé une vie durant doivent eux aussi continuer a vivoter .....

    Soyons un peu sérieux : si il y a des choses a faire, ce n'est pas dans ce sens...........

    Je te rejoins pour ce qui est des allocations chômage qui restent trop élevées pour des durées trop longues.

    Notre système social est trop vieux, et a été conçus alors qu'il y avait 5 actifs pour 1 inactif, et n'a au fil du temps pas été actualisé de part les changements que nous avons subit depuis, nous devons de nos jours être a 3 actifs pour 3 inactif .............

    Mais pour en revenir au sujet il me paraîtrait nettement plus judicieux pour une relance économique, de baisser les charges social sur les salaires pour redonner une plus grande compétitivité a nos entreprises sur les marchés et permettre ainsi de pouvoir embaucher.

    Si compétitivité, gains de C.A. donc embauche, moins de chômeur, plus de consommation; plus de recettes également pour l'état compensant les baisses de charges, moins de chômeur donc moins (d'assistés ; et donc d'allocataires qui nous coûtent cher et que l'on encourage a ne plus s'impliquer dans le monde du travail ) qui retrouveront dignités et sécurité......

    Je suis né dans le commerce, y ai exercé de nombreuses années en tant que chef d'entreprises et mes employés étaient heureux de travailler pour un salaire supérieur au smic , pour cela c'était de ma responsabilité de trouver des clients en pratiquant des prix corrects pour vendre plus avec des marges plus serrés que vendre moins avec plus de bénéfices...........

    Mais sa c'était avant ...........

    Notre Pays est pourvu de talents innombrable, il n'y a qu'a leurs donner les moyens de s'exprimer et non créer des stratégies de rentabilités limités dans le temps...........

    Cordialement ............................................Jossh

  2. Oui alors en effet, tu proposes une vision néo-classique (droite libérale). Ca peut marcher dans un modèle libéral, mais le drame en France est de vouloir libéraliser qu'à demi mesure un système assuranciel. Si on veut permettre la continuation de notre modèle à la Bismarck, il faudra prendre des mesures particulièrement dures, et surtout bien les mener (réformer le marché du travail, en baissant simultanément le SMIC et les allocs chomages, mais en conservant la proportionnalité, et aussi revoir la politique démographique de la France).

    Ce que nous propose l'OCDE c'est des mesures purement libérales, dans un monde libéral, c'est à dire, ne pas réformer la France, mais transformer la base du modèle française. C'est à dire, un modèle à la Beveridge, c'est bien plus facile à gérer, mais plus hasardeux je pense (donc allocs plus proportionnelles, et faibles, retraite par capitalisation,....) et d'autres part, une destruction du modèle néo-colbertiste français, c'est à dire de limiter très fortement l'Etat dans l'action privée.

    Mais d'un courant ou d'un autre, une chose est sûre: le SMIC est trop haut, donc les allocs chomages aussi. Pour le reste des mesures à prendre, c'est du bon sens (mobilité, information, formation). Si on veut garder le meilleur système de santé au monde, va falloir faire des efforts, mais pas en coupant dans tous les budgets (ni en imposition), c'est ça que le gouvernement ne comprend pas....

  3. Il est serait étonnant que nos dirigeants actuels prennent les mesures adéquats a la relance économique de notre pays; la récession n'est pas fini et ne cessera de s’aggraver si nos dirigeant ne s'attardent pas a baisser le coût du travail trop élevé dans notre pays (charges social, impôts) .
    Ne serait il pas plus judicieux de favoriser l'embauche en abaissant ceci, pour recréer la dynamique et la compétitivité de notre beau pays........
    Les gens qui sont au chômages ou dans la précarité seraient alors des consommateurs, et pourquoi pas de futurs créateurs, ceci serait économiquement plus créatif et productif..........
    Alors que nous préférons surcharger le travail, augmenter les charges sociales, les TVA, les impôts, ce qui ne fait qu'empirer!! nos prix de reviens, notre dette, accroître encore et encore notre chômage et faire fuir les fortunes qui s'empressent d'aller consommer ailleurs.......
    Jossh

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