Etat des marchés financiers européens

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Depuis l’OMT de Mario Draghi, les marchés, autant des dettes souveraines, que des créances privées se sont calmés. La baisse notable des taux d’intérêts sur les Etats défaillants en est une preuve. Cependant, quoique l’afflux monétaire ne cesse, le problème ne se règle pas pour autant. Et alors que les spreads se resserrent à n’en plus finir, l’euro reprend sa course vers les plus hauts pénalisant l’Europe.

Différence entre taux obligataires privés et publics

Nous en avions déjà parlé il y’a quelques temps, au moment des forts coups de pression sur les marchés obligataires. Pour mesurer l’évolution du prix du crédit privé, tout en éliminant la tendance conjoncturelle, il convient de le comparer à la meilleure représentation de cette même tendance, c’est-à-dire les obligations d’Etat. Nous allons alors former le TED spread à 3 mois. Pour ce faire, il faut comparer les taux d’emprunt sur le marché interbancaire à celui des obligations françaises. Naturellement, le taux d’emprunt de l’Etat est plus faible, puisque nul n’est plus sûr que l’Etat.

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On remarque que le coût du crédit privé par rapport au crédit public a diminué durant toute l’année 2012. Cependant, Janvier 2013 enregistre la première hausse depuis cette baisse continue. La politique de grande souplesse de la part de la BCE touche sa limite naturelle. Le taux d’emprunt de l’Etat à trois mois étant plus ou moins nul, et les taux interbancaires ne pouvant pas être négatifs ou moindres que ceux de l’Etat, l’écart ne peut pas se réduire d’avantage, et donc il s’accroît. 

Etrange résultat, non ? L’Etat est au bord de la faillite, les banques sont surexposées à tous les risques européens et notamment méditerranéens. Et pourtant, le crédit frôle la gratuité des deux côtés. Ceci s’explique par la hausse volontaire des liquidités par les grandes banques centrales, ainsi, les banques disposant de crédits peu chers offerts par les banques centrales font nécessairement baisser les taux interbancaires par un surcroit d’offre. Cela a aussi permis aux Etats d’emprunter moins cher, par le même surcroît de crédits bancaires accordés aux Etats en zone euro. Cette opération a commencé en Europe avec le LTRO et s’est poursuivie avec le SMP et l’OMT depuis Septembre. Ces opérations ont fortement contribué à la baisses des taux pour les Etats de la zone Euro, et notamment les pays en difficultés. Cependant, si elle apporte un allègement des charges sur les financements, elle ne règle absolument pas la question de l’endettement.

Exemple : les obligations portugaises à 10 ans.

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Donc en clair, pour le moment, le financement à la fois interbancaire et étatique est peu cher, théoriquement c’est le signe d’une conjoncture favorable, puisque que cela signifie que l’offre en dette est bonne, et par conséquent que les investisseurs ont confiance. Mais c’est la BCE qui artificiellement maintient cet état, elle cache les taux réels, autant par son action que par sa dissuasion.

Et sur le Forex ?

On ne ratera évidemment pas la hausse brutale de l’Euro face à toutes les devises. D’un point de vue économique, il n’y avait rien de pire à espérer. La balance commerciale européenne déjà négative sera brutalement diminuée, forçant une nette diminution du profit des entreprises exportatrices. Le pétrole lui aussi reprend une nouvelle accélération haussière. Etonnamment, le CAC40 lui aussi suit cette hausse, pourtant perdant de tous bords.

Les prévisions de croissance ?

Le FMI a réactualisé ses prévisions pour 2013 et 2014. Le constat de ces prévisions n’est pas surprenant, la zone euro continue sa récession en 2013 (-0.2%), et reprend doucement en 2014 (1%). Face à cela, les émergents tirent la croissance mondiale à la hausse, et les autres pays développés font feu de tout bois pour relancer leur croissance (en atteste les politiques américaines et japonaises). Au contraire, la zone euro elle ne force pas la relance. Le problème demeurant que les uns tirent la demande (donc les prix), et les autres subissent cette même hausse des prix. La hausse de l’Euro est donc exclusivement artificielle, les dévaluations de tous les autres forcent cette anomalie.  

Pour synthétiser tout cela et essayer de trouver une conclusion cohérente, il faut commencer par remarquer une dissociation claire, celle de la réalité économique et celle des marchés. Aux vues des quatre années passées, de la situation bancaire et de surendettement des Etats, si nous devions faire des estimations pour l’évolution des taux d’intérêts, nous la donnerions avec une importante variabilité. Pour conclure, nous pouvons dire que si les marchés se sont calmés, et même ont repris une tendance haussière, cela ne reflète en rien les fondamentaux, et donc que d’une certaine manière une bulle se forme sur nombres d’actifs.

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