La consommation française en difficulté

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Tel en atteste un rapport de l’INSEE, la consommation privée en France ralentit dangereusement depuis la crise bancaire de 2007-2008. La confiance des ménages reste mauvaise, ces derniers conservent alors une bonne propension à thésauriser en vue de difficultés à venir, ce qui bien sûr aggrave le problème.

La consommation ne suffit plus pour la croissance

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Ici nous voyons la variation de PIB (= croissance économique) et de dépenses des ménages (consommation). Ce qui apparait, c’est que dans l’ensemble depuis la dernière décennie, contrairement à ce qu’affirment les mondialistes et européistes, la stabilité n’est pas aux rendez-vous, autant la consommation que la croissance ont marginalement diminué depuis.

Le second constat, c’est que depuis la crise des subprimes l’économie ne s’est toujours pas relevée, la consommation en 2009 a tenu bon au plus fort de la crise grâce à des mesures keynésiennes (Prime à la casse). Mais celles-ci sont indexées sur des politiques budgétaires accommodantes créant un surcroît de dette. Toutefois même si la consommation commence à reprendre un petit peu en 2011 et 2012, la croissance économique reprend sa chute sous la pression de l’austérité tout azimut en Europe. De surcroît, cela n’inclut pas encore le surplus d’austérité intérieure de 30 Milliards d’euros pour le budget 2013 qui devrait achever le faible retour au niveau de la croissance de la consommation débutée en 2010. Et si le gouvernement table encore sur du 1% en 2013, l’OCDE a revu ce chiffre à 0.1%. 

Pourquoi la consommation tarde à reprendre ?

En France la sensibilité de la croissance économique à la croissance de la consommation n’a pas une importance aussi accrue que dans les pays anglo-saxons (En France 55% du PIB contre plus de 70% chez ces derniers). Les politiques de relance keynésiennes classiques sont donc ainsi moins efficaces. D’autre part, cette sensibilité est valable à la hausse comme à la baisse, les gouvernements peuvent alors plus facilement faire passer des mesures sévères d’austérité, ce qui serait bien plus difficile aux Etats-Unis. En 2009 notre dette permettait de faire de la relance, désormais c’est définitivement impossible et en cas de retour d’une crise déflationniste, la France serait totalement bloquée.

D’autre part, la consommation des ménages n’est pas optimale, pas dans le sens où elle n’est pas maximale, mais plutôt qu’on n’achète pas les bonnes choses. En effet, pour optimiser le multiplicateur keynésien et permettre une répercussion marginale de la consommation des ménages sur les entreprises et l’emploi, il est souhaitable que l’entreprise et l’emploi soit français en France.

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Par ailleurs, sur ce graphique, nous voyons que les prix totaux sont tirés par le coût énergétique et alimentaire. Nous savons qu’en 2011 d’après l’INSEE, environ un quart des dépenses y sont consacrées. Cette consommation est difficilement substituable (difficile de ne pas se chauffer ou de ne pas manger) contrairement aux biens industriels et aux services. En période de crise et de limitation du pouvoir d’achat, les ménages ont donc bien entendu tendance à privilégier les impératifs. Or, l’achat de gaz russe, de pétrole saoudien, ou de steaks hachés brésiliens n’égaye guère plus la croissance française.

Les français lâchent difficilement leur épargne

La France a un PIB d’environ 2500 Milliards d’euros annuel. Mais les français sont à la tête d’une épargne cumulée de plus de 11 000 Milliards d’euros. Ils ont en moyenne épargné 16% de leurs revenus en 2011, et bon nombre d’économistes pensent qu’il faudrait diminuer ce taux pour favoriser une relance de la croissance par la consommation. 

Mais les ménages n’ont plus confiance, en effet l’enquête sur la confiance des ménages réalisée en Juillet montre surtout que les français sont de plus en plus pessimistes sur le niveau de vie prochain et sur le taux de chômage. Et cela rejoint directement la théorie de Keynes, dans le sens où il considère que l’épargne des ménages sert à maintenir un certain niveau de vie. Les ménages savent que la crise n’est pas terminée et choisissent d’épargner en cas de chômage, de pertes de clients pour les libéraux ou des impôts du gouvernement. 

En conclusion, la France est à l’aube d’une ère exceptionnellement mauvaise, les ménages perdent confiance dans l’économie, ils se replient sur leur épargne. La hausse des prix sur des produits surtout importés affaiblit elle aussi les ménages. Le coup final sera porté par le gouvernement lui-même qui dans une croissance à 0% depuis trois trimestres devrait ponctionner 30 Milliards d’euros, cela enverra directement la France dans une longue récession.

Source:

La consommation des ménages dans la crise

La confiance des ménages

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  1. C'est gai, mais au moins je me suis cultivé du coup.

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