La Finlande sème le doute dans la zone Euro

erkki_tuomioja

La Finlande remet encore le doute au goût du jour, son ministre des affaires étrangères assure que le pays s’est préparé à un éclatement de la zone euro. Evidemment, difficile de rassurer les investisseurs internationaux avec de telles locutions alors que récemment encore tous les grands pays juraient qu’ils maintiendraient l’euro.

La réaction finlandaise en réponse à l’attitude allemande

Désormais, les frasques finlandaises commencent à devenir récurrentes. La première fois, elle demandait des collatéraux à la Grèce pour l’apport de ses aides. Récemment elle assurait que si l’Euro la pénalisait elle en sortirait et aujourd’hui elle nous dit qu’elle est déjà préparée à une sortie de l’Euro. On pourrait comprendre sa méfiance, mais son ministre des affaires étrangères a souligné de surcroît que les autres gouvernements européens devaient s’y mettre à leur tour.

Evidemment, même si cela commence à devenir peu crédible, le ministre des affaires européennes s’est empressé de démentir l’affirmation de son collègue en soutenant l’euro « La Finlande est 100% derrière l’Euro ». Le but est bien sûr de ne pas semer la zizanie dans la zone euro, mais « 100% » c’est quand même beaucoup vis-à-vis de tous les précédents du pays. Cela frôle l’hypocrisie.

Il semblerait que Erkki Tuomioja, actuel ministre des affaires étrangères se soit laissé emporter en réponse à l’attitude d’Angela Merkel durant son voyage au Canada. En effet cette dernière est totalement sortie de sa ligne ordo-libérale défendue depuis le début de la crise. Ce faisant en donnant tacitement son feu vert pour des opérations de rachat massives de la BCE sur les dettes des Etats. Visiblement, la chancelière a pris parti de la BCE dans un but purement électoraliste pour tenter de se saisir des voix centristes opposées à une simultanée rigueur budgétaire et monétaire. Désormais, la Finlande se sent isolée dans son modèle monétaire orthodoxe. Cette trahison de l’Allemagne, en répondant aux souhaits des Etats du Sud fait râler les finlandais.

 L’épuration économique de la zone Euro

La Finlande n’est pas la seule à râler sur le système européen. L’Autriche, autre pays placé sur une ligne de rigueur budgétaire est excédée par la Grèce. L’Autriche aimerait que la zone Euro se munisse d’un mécanisme permettant tout simplement d’exclure les pays qui ne respecteraient pas les critères de convergence. Selon le ministre autrichien des affaires étrangères plusieurs pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou sans surprise la Finlande seraient enclins à adopter ce type de mesure.

Néanmoins, la mise en place d’un système d’exclusion des pays de la zone euro ne reviendrait qu’à une chose, une longue épuration économique où l’Euro ne deviendrait plus que la monnaie des pays du Nord. En toute logique, si un tel système était mis en place, la Grèce et le Portugal seraient très certainement écartés, puis potentiellement l’Espagne voire l’Italie. Le cas échéant, la France deviendrait la seule à défendre la relance et serait alors en marge politiquement.

En conclusion, les pays du Nord seraient plus à l’aise entre eux, c’est une certitude. Si la chancelière a cédé au Sud, c’est pour des arguments purement électoraux. Face à cela, la Finlande lance des menaces. Les pays prônant l’orthodoxie budgétaire et monétaire ne veulent pas abandonner l’Euro, mais plutôt mettre à la porte les opinions contradictoires. C’est peut être le début d’une scission d’où pourrait peut être naître deux monnaies aux politiques monétaires différentes. 

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