Les finances publiques vues dans la campagne.

L-Elysee-la-nuit

Elle est certainement la thématique phare de cette campagne, c’est bien sûr la gestion des déficits publics. Elle est pourtant perçue de bien des façons, certain en font leur cheval de bataille, d'autre lui privilégie la croissance, il n'est pas possible de dire qui d'entre eux ont raison, mais nous pouvons exposer quelque peu les mesures budgétaires et monétaires de leur part.

François Bayrou : la dette est le premier souci de la France

S'il n'a rien annoncé très concrètement quant aux méthodes envisagées, le candidat centriste prévoit un équilibre budgétaire fin 2015, ce qui le place en première position. Visiblement, l'équilibre des finances publiques semble être sa priorité avant tout. En ce qui concerne la manière de procéder, les mesures ne sont pas claires, néanmoins on note rapidement que celui-ci se pose bien dans son rôle centriste, car il compte à la fois réduire les dépenses publiques (néanmoins, il ne dit pas comment et dans quelle mesure) et augmenter les revenus de transfert (recette venant des impôts). Concernant l'augmentation des impôts, il n'y va pas à la légère, en préconisant une hausse de la TVA, de l'ISR et la suppression de nombreuses niches fiscales, pour un total d’environ 50 Milliards. Ici, le plan du candidat a le mérite d'avoir un but précis et ambitieux, néanmoins comme telle, c'est plus une politique d'austérité que de rigueur. Il ne faut pas oublier que le déficit est intéressant à calculer relativement au PIB, et donc une récession ferait très clairement augmenter le déficit. (Si vous avez un PIB de 100 € et un déficit de 5€, votre déficit vaut 5% du PIB, maintenant, disons qu’il y’a une récession et que votre PIB baisse à 80€ votre déficit nominal demeure toujours de 5€ mais il vaut désormais 6.25% du PIB, donc il faut éviter une récession).

Nicolas Sarkozy : une fausse politique de droite

Pour l'actuel président, la gestion des finances publiques semble aussi être une priorité. Ce dernier s'annonce en bon candidat de droite, en effet, il ne cesse de poser le doigt sur l'excès de dépenses budgétaires. Son programme se pose sur les bases qu'il avait donné dans le quinquennat actuel, c’est-à-dire, maintenir le gel des salaires des fonctionnaires, diminuer leur nombre, abaisser les dépenses de santé ainsi que celles des collectivités locales. Programme assez classique, mais assez trompeur, car si le président souhaite arriver à l'équilibre budgétaire en 2016, il lui faudra aussi jouer sur le levier des recettes qui lui est bien plus simple à actionner. Il prévoit ainsi une hausse des recettes à 45 Milliards d'euros, ce qui le rapproche très clairement du programme centriste.

François Hollande : horizon 2017

Pour le candidat du parti socialiste l'horizon sera une année après, ce dernier entend bien accroitre les dépenses publiques pour soutenir la croissance, et notamment par l'augmentation des diverses prestations sociales et en motivant l'emploi jeune. Au total, on se prépare à un surcroît de 20 Milliard de dépenses supplémentaires par rapport à la situation actuelle. En conséquence, il va de soi que si le candidat souhaite atteindre l'équilibre des finances publiques, il devra jouer sur l'autre levier, c'est à dire celui des recettes et il faudra donc s'attendre à une hausse très sérieuse de l'imposition, et sûrement pas seulement sur les classes les plus aisées.

Marine Le Pen : la souveraineté monétaire

La vision de Marine Le Pen est totalement différente de celle des précédents candidats évoqués. Si l'extrême gauche est bien la gauche de la gauche, l’extrême droite n'est pas la droite de la droite, ce n'est pas comparable. L'extreme droite a une politique économique plus proche de la gauche que de la droite. Néanmoins, ici le front national semble avoir trouvé son créneau, en défendant la souveraineté nationale de la politique monétaire. La conséquence serait une sortie pure et simple de la zone assortie d'une monétisation massive de la dette visiblement. Evidemment la dette se résorberait assez rapidement, néanmoins les ménages devraient supporter une inflation subie relativement lourde, la réalité de cela c’est que ce sont les ménages directement qui payeront la dette de par le transfert de celle-ci en inflation.

Jean-Luc Mélenchon : Le communisme

Le programme de Jean-Luc Mélenchon semble quelque peu déconnecté de la réalité du monde international. En effet, pour n’en citer quelques-unes, le candidat déplacerait le smic à 1700€ (ce qui ferait très fortement augmenter le chômage), nationaliserait des grandes entreprises du CAC40, augmenterait massivement les emplois dans la fonction publique et titulariserait les emplois précaires de la fonction publique. Bien entendu, le candidat prévoit, face à des dépenses massives, une imposition massive et notamment une imposition à 100 % pour les revenus supérieurs à 360 000 € annuels. C’est seulement une introduction à un communisme généralisé… 

Nous n’aurons pas la prétention d’affirmer qui voit juste ici, pour les grands partis et le centre, c’est un simple arbitrage entre croissance et déficit. Pour les partis extrêmes, les problématiques sortent de ce contexte classique, et posent les bases d’un monde tout à fait différent.

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  1. De rien :)

    Ça me tarde de voir ces élections, quoique la campagne aurait pu être meilleure :/

  2. Merci pour cet article Roland, c'est très actuel comme sujet en plus de ça!

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