La Grèce a réussi son défaut

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Hier la Grèce a entamé une vaste restructuration de sa dette publique. L'opération consiste à effacer un total de 206 Milliards d'euros de dette. Le but est d'éviter une faillite désordonnée qui ébranlerait très certainement l'économie européenne. Visiblement, il semblerait que la catastrophe soit déjà évitée.

Risque d’une faillite courant Mars

La banqueroute de la péninsule hellénique était planifiée pour le 20 Mars de cette année, c’est-à-dire dans 11 jours. En effet, à cette échéance, l’Etat devait rembourser 14.4 Milliards d’obligations arrivant à maturité, chose qu’il ne serait pas en capacité de faire. La conséquence d’un attentisme de la part des autorités publiques, aurait été tout simplement une faillite désordonnée qui aurait très clairement bousculé la conjoncture économique actuelle.

Un risque qu’il fallait absolument écarter

La faillite grecque n’était tout simplement pas acceptable, enfin tout du moins pas un défaut incontrôlé. La panique aurait été générale et la zone euro aurait très probablement sombré plus bas que jamais.  En effet, le cas échéant, les créanciers auraient subi des pertes colossales, et notamment on pense au secteur bancaire européen, fortement impliqué dans la détention d'obligations grecques. Secondement, le Portugal aurait très certainement été la cible suivante, particulièrement après un aveu de l'échec des plans d'aide européens. En conséquence, les pays puissants de la zone euro seraient une fois encore amenés à échafauder un nouveau plan d'aide, poussant de plus en plus loin la rigueur dans les nations motrices de la zone euro.  

Par ailleurs, nous serions aussi placés face à un risque  politique, une faillite incontrôlée de la Grèce marquerait l'échec du modèle européen et de l'Euro. Ceci forcerait mécaniquement une plus forte présence des partis extrémistes, et notamment d'extrême droite. D'autre part, la politique prônée par la Troïka ainsi que l'attentisme allemand serait très certainement remis en question, forçant certainement des idéologies plus keynésiennes à revenir sur le devant de la scène et mettraient en péril le travail effectué par les gouvernements européens actuels.

L'opération est un succès

Pour éviter la faillite du 20 Mars, il fallait nécessairement qu'au moins 75% des créanciers acceptent cet événement de crédit. Quoique que l'avant-veille, seulement 40 % des détenteurs de dette se donnaient favorables, l'opération d'échange aura été un franc succès dans la mesure où plus de 85% des créanciers ont accepté une décote. Ces chiffres reflètent bien sûr plus la crainte des investisseurs plutôt que leur entrain à sauver la Grèce, et si plus de 85% de ceux-ci ont accepté d’encaisser des pertes, c'est bien qu'il devait craindre quelque chose de sensiblement plus grave le cas non échéant...

La Grèce aura le beurre, l'argent du beurre, mais surement pas le sourire de la crémière

Si un instant, on se souvient des raisons de l’état actuel de la Grèce aujourd’hui, il ne faut pas oublier que le surcroît d’endettement provient à la base d’une falsification. En effet, pour pouvoir profiter de taux d’emprunt attractifs proposés par une incorporation à la zone euro, la Grèce avait dû tricher et masquer un endettement déjà imposant. 

Donc si on résume la situation, la Grèce a triché pour entrer dans la zone euro, elle a continué à accroitre sérieusement son niveau de dette  tout en profitant de taux d’emprunt inférieurs à 5% à dix ans. Ensuite, survient la crise des subprimes, le monde découvre le pot aux roses, et en conséquence, il a fallu aider la péninsule. Maintenant, cette dernière supprime ses dettes et fais encaisser des pertes à tous ceux qui lui avaient porté secours. La Grèce fait de la diplomatie avec une ceinture d’explosifs autour du ventre. 

En conclusion, quoiqu’un accord évitant une faillite désordonnée soit une bonne nouvelle, il n’en demeure qu’aujourd’hui la Grèce n’a plus aucune crédibilité vis-à-vis de ses prêteurs. Il lui sera très difficile de retrouver des taux d’intérêt acceptables. Quoiqu’on en dise, la Grèce n’arrive pas à se sortir du pétrin 

 

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