Des explications sur l'affaire Goldman Sachs

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Après la nomination de Mario Draghi, nous allons nous intéresser aux agissements de la banque d'affaire pour laquelle  il fut le vice-président de la branche européenne par le passé. Bien que très médiatique l'an passé, l'affaire de la tricherie organisée par Goldman Sachs et la Grèce reste tout de même encore obscure sur certains points.

Une affaire digne d’un polar

Bien que l'annonce date de plus de 2 ans déjà, les théoriciens du complot n'ont surement pas dû s'ennuyer par ces temps. A défaut de pouvoir prédire l'avenir, Goldman Sachs le crée pour mieux spéculer dessus. Quoiqu'on ne puisse reléguer la responsabilité des fautes commises autrement qu’au gouvernement grec, la banque d'affaire s'est impliquée dans la mesure où elle a facilité les fraudes.

Le maquillage des comptes 

La création de l’Euro a été décidée en 1999, seulement onze pays furent acceptés à cette date selon les critères d’entrée. Aujourd’hui la devise unique s’est répandue sur 17 territoires. Néanmoins, à ses débuts, la Grèce ne faisait pas partie du lot, on peut dire que la question de son entrée ne se posait même pas aux vues de l’état de son économie. Avant de pouvoir espérer faire partie de la zone euro, la Grèce avait de nombreuses années de réformes agrémentées d’une industrialisation massive du pays. Pourtant, en 2001, la Grèce intègre l’euro. C’est-à-dire qu’en deux ans, le pays s’est littéralement transformé devenant ainsi une économie moderne et développée, ridicule. Ce qui est étonnant, c’est comment, les gouvernants de la zone euro ne se sont doutés de rien. En 1998, la dette est déjà de 108% du PIB. Mais en 2001 après l’entrée de la Grèce dans la zone euro, cette dernière, profitant des taux intéressants s’est massivement endettée, la dette en 2001 faisait déjà 126% du PIB. Face à cela, les taux d’emprunt baissent sans cesse et personne ne peste face à un endettement que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de scandaleux. 

La volonté d’agrandissement de la part de la zone euro, la volonté de la Grèce d’en faire partie mais ne pouvant pas, et la volonté de Goldman Sachs de vouloir se garantir des profits n’ont pas fait bon ménage. Dès 1999, la branche européenne de la banque d’affaire américaine, s’en est frottée les mains. Afin de faciliter l’intégration de la Grèce, il a fallu ruser, pour cacher les déficits, la banque a proposé des produits dérivés swaps permettant l’échange de flux financiers. Ainsi, une partie de la dette initialement émise en dollars fut convertie en euros pour se prémunir des effets de change, de plus cela permet à la Grèce de cacher temporairement ses déficits.

Pour ces services, Goldman Sachs a bien sûr engrangé de belles commissions. Mais, l’intérêt n’était pas là, connaissant le problème de déficit de la Grèce, elle a sérieusement investi en credit default swap (CDS). Ces produits financiers, sont censés couvrir les prêteurs en cas d’évènements de crédits. Mais, leur prix est bien sûr régit par la loi de l’offre et de la demande. Ainsi, à l’époque où aucune suspicion ne touchait la Grèce, le prix des CDS était faible (car peu de personne en voulait), mais avec la récente crise, les prêteurs ont voulu se couvrir, donc la demande en CDS a augmenté et donc le prix a grimpé. De cette manière il fut ensuite possible de revendre ces CDS en vue de réaliser une plus-value importante. 

Le rôle de  Mario Draghi 

L’affaire demeure un peu floue, cependant, entre 2002 et 2005, l’actuel président de la BCE était vice-président pour la branche européenne chez Goldman Sachs. Bien entendu, les opérations étant réalisées avant cela, Mario Draghi assure n’avoir jamais eu vent de ces agissements. Néanmoins, ce dernier a démissionné en 2005 juste avant que la banque liquide de manière sensible ces fameux swap. Cela nous amène tout de même à penser que l’ancien vice-président avait en main le suivi du dossier durant ses années de fonction ou alors devait au moins en avoir connaissance. 

 

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  1. Sachant que l'euro a simplement été créer pour soit contrer les "méchants capitalistes américains" tout les moyens ont été mis en œuvre pour apporter un maximum de poids en faisant rentrer des pays sans économie et sans industrialisation tel que la Grèce (entre autre), naturellement tous le monde (les dirigeants) sont au courant de ce genre de manipulation et font de même sur notre dos et bien évidemment pour ce genre de "travail" il faut bien se rémunérer d'une manière ou d'une autre, alors une petite commission ne fait pas de mal tant que cela ne se remarque pas ("fait et fraude tant que tu peux seulement si tu ne te fais pas prendre car on ne te couvrira pas";).
    Personnellement j'aimerai bien savoir quelles genres de magouille se trame actuellement entre les pays dirigeants de la zone euro car pour le moment ils ont trouvé un seul coupable pour justifier leurs incompétences notoires "le marché de la finance" (facile) qui fait chuter l'économie européenne.
    A plus tard et bon trade.

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