Les trois scénarios pour l'avenir de la zone euro

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Depuis le début de la crise, la guerre des idéologies est ouverte, la véritable question est de savoir s'il faut plus d'Europe, moins d'Europe ou plus du tout d'Europe. Bien entendu ce débat fait la part belle aux politiciens, mais c'est aussi un thème qui déchire les économistes.

Le fédéralisme européen

Le fédéralisme, ce n'est pas une alliance ou de simples liens économiques entre les pays, c'est la disparition des nations. Cela représente une perte totale ou partielle de la souveraineté des Etats européens. Ainsi, les lois européennes primeraient sur les lois des Etats, tout simplement comme aux Etats-Unis, une partie du pouvoir appartient aux Etats fédéraux, l'autre à la nation entière. De cette manière, nous ne serions plus français mais européen.

Cela va sans dire que pour l'instant, la création d'un Etat fédéral n'est pas aux gouts du jour. On parle surtout de fédéralisme économique, mais il va aussi de soi qu'en mettant le pied dans un plat on en finit par mettre l'autre. Cette approche est privilégiée par la droite libérale (UMP)  ainsi que la gauche (pas pour toutes les mesures). L'idée, c'est de solidariser les Etats, pour cela, la première chose à faire c'est de mettre les prisonniers dans la même galère pour les faire ramer ensemble, c'est de la mutualisation des dettes dont on parle. Dans ce cas, chaque Etat est responsable de son prochain et donc les liens entre chacun se voient clairement renforcés. Ensuite, afin de faire concorder les budgets, il est nécessaire d'harmoniser les politiques économiques. Ainsi, viendraient un panel de lois régissant les économies des Etats, il est évident que cette harmonisation économique porterait aussi directement sur le social et à terme sur tout. Le simple fait de mutualiser les dettes (les fameuses euro-obligations) suffirait à embrayer la machine. Actuellement, les Etats n'ont plus le contrôle de leur politique monétaire, il est réservé à la banque centrale européenne. Demain peut-être, ils n'auront plus le contrôle de leur politique budgétaire, et alors on pourra parler d'une Europe économiquement fédérale.

La disparition de l'euro

Ici, nous faisons référence aux idées des partis d'extrême droite européens et notamment au front national. L'idée n'est pas d'anéantir l'Europe mais seulement de laisser la pleine souveraineté économique aux nations (ce qui n'est accessoirement déjà plus le cas comme nous le disions précédemment). Ainsi, préserver les liens commerciaux mais revenir aux devises nationales.

Cette opération couterait assez cher à chacun, dans le sens où les pays pourraient être aisément attaqués et voir des dévaluations massives forcées. Néanmoins, pour ce qui est de la France, un retour au franc n'est pas totalement inepte, il serait possible d'emprunter à la banque centrale sans payer d'intérêts et favoriserait très largement nos exportations. Mêmes exportations qui, aujourd'hui sont au plus mal, gênées par le trop fort taux de l'euro. Bien sûr, cette mesure remettrait en cause tout le travail fournit par les Etats pour essayer de fédérer les Etats depuis plusieurs décennies. L'euro, nous pouvons dire ce que nous voulons, mais force est de constater que depuis 3 ans, les écueils s'enchainent en continu sans vouloir s'arrêter.

Une monnaie au Nord, une autre au Sud

C'est une idée qui a été soumise par l'économiste par Christian Saint-Etienne, elle consiste à diviser la zone monétaire en deux. D'une part on pourrait créer un Euro-Mark pour les plus vertueux (Allemagne, pays bas,...) et d'un autre coté un Euro-Franc pour les moins rigoureux (France, Espagne, Italie,...). Les pays disposant de l'euro-Mark seraient ceux ayant un déficit faible et disposant d’une balance commerciale élevée (pays fortement exportateurs). En ce sens, l'Euro-Mark aurait un taux plutôt élevé. D'autre part, on trouverait l'euro-Franc, adapté aux économies axées sur la consommation et souffrant d'un déficit chronique des finances publiques. Celui-ci pourrait être aisément dévalué en vue de favoriser la production et l'exportation. Cependant, il faudra être rigoureux sur la gestion de ce dernier, de nombreuses expériences naturelles ont montré que la dévaluation compétitive à une limite. Cette solution alternative aux deux précédentes semble sonner juste mais ne se fait visiblement pas entendre...

En conclusion, nous n'avons aucune idée de comment pourra évoluer l'Europe à court comme à long terme. La situation peut basculer à chaque élection, si les partis classiques continuent de rester au pouvoir, il semblerait que le fédéralisme européen ne puisse être évité. Dans le cas d'un passage de l'extrême droite, c'est l'ensemble de la zone monétaire qui s'effondrerait et qui laisserait place aux anciennes devises. Ce qui me paraît certain, c'est que pour un investissement de moyen terme, il n'est pas souhaitable de s'engager sur l'euro (ou globalement sur l'Europe) aux vues des instabilités politiques et idéologiques.

 

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  1. La planche à billet n'est en soit qu'une solution très provisoire. Ce qui va se passer, c'est que la BCE va créer de la monnaie pour payer les dettes européennes.

    "rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme"

    Au final, même si cela allège les mesures d'austérité sur les ménages, ces derniers payeront plein pot la dette. En effet, créer ainsi de la monnaie fait grimper l'inflation de manière totalement incontrôlé, et au final, la dette se transforme en hausse des prix. En gros : la planche à billet, c'est la pire mesure d'austérité dans la mesure où cela touche totalement la consommation. D'autre part, en faisant tourner la planche à billet, on augmente l'offre en euro, donc l'euro baisse. Après tout dépend si c'est une intervention ponctuelle ou une intervention de long terme comme ce qui ce pratique aux USA (QE). Mais si le BCE fait un QE, alors je pense que l'euro aura plutôt un avenir baissier.

    La planche à billet, n'est qu'un moyen de détourner le problème directement sur la population, alors c'est pas terrifiant non plus, mais on se retrouverai avec une inflation bien supérieure et des salaires qui quant à eux n'augmenterai pas plus que ça. Et potentiellement une stagflation en sortie...

  2. Bonsoir Roland,

    Je ne sais pas si c'est le bon endroit pour ce post mais je me lance quand même. :)

    J'entend dire par beaucoup d'économistes que la meilleure solution (voir la seule solution) pour enrayer la crise de la dette européenne est que la BCE finalement puisse emettre des fonds pour détendre l'écart des taux obligataires et palier à un éventuel manque de fonds (autrement dit que la BCE fasse tourner la planche à billet comme la Fed pour les Etats-Unis). Ce que la France et d'autres pays de l'UE demandent et que l'Allemagne refuse pour le moment.
    Le pays Helvetique de la zone Euro refuse pour l'instant mais pas pour longtemps selon certains. Effectivement vu les écarts qui se creusent de jour en jour concernant les taux d'emprunts des pays du "Sud" et du "Nord" de l'UE et l'impuissance des Etats à resoudre le problème par des plans d'austérité qui s'éternisent, la BCE pourait prendre cette decision dans un avenir proche.

    Pendant ce temps l'Euro se defend plutôt bien par rapport au Dollar malgrès l'actualité défavorable pour l'Europe et une actualité encouragante pour le pays du Dollar.
    Pourrais-tu m'éclairer sur l'impacte qu'une telle annonce de la BCE pourrait avoir sur la monnaie Européenne?

  3. "L'Islande n'a pas quitté l'Euro pour l'excellente raison qu'elle n'aJAMAIS adhéré à l'Euro."

    Effectivement, je suis confus, pourtant j'étais quasi assuré d'avoir entendu à plusieurs reprises cela dans des débats, donc je n'avais pas confirmé mes idées...

  4. Trader Forex Bob

    Je cite : "Mais au final, l'Islande qui a quitté l'euro alors qu'elle était dans une situation bien pire que la Grèce à ses débuts s'en trouve aujourd'hui plus ou moins sorti d'affaire sans frais. "

    Comment peut-on écrire des inepties pareilles ?
    L'Islande n'a pas quitté l'Euro pour l'excellente raison qu'elle n'aJAMAIS adhéré à l'Euro.
    Il aurait d'abord fallu pour cela qu'elle fût membre de la Communauté Européenne, ce qu'elle n'est pas !!
    Délire intégral !

    Pour de nombreuses raisons, qu'il serait complexe et long d'évoquer ici, la sortie d'un pays de la zone Euro - a fortiori en situation d'urgence comme le serait la Grèce - est aujourd'hui totalement irréaliste dans l'état actuel des traités, dont la modification, comme chacun le sait, requiert l'unanimité des 27 (sic 27), complétée dans plusieurs pays par un referendum obligatoire.

    Comme disait le regretté Coluche, "quand on en sait pas plus que cela on devrait être autorisé à fermer sa g..."

  5. Merci de m'informer de l'existence de cette théorie des 2 monnaies Euro-Mark et Euro-Franc! A priori, c'est une idée qui me semble intelligente, même si on ne peut jamais se figurer toutes les implications de ce genre de plomberies monétaires! Tous les pays de la zone euro garderaient les avantages du libre-échange, et les deux monnaies resteraient a priori à l'abri des phénomènes d'inflation en temps normale (à part si M. Draghi abaisse encore les taux directeurs, ce qui n'est bien sûr pas un mal). Après, cet écart pourrait provoquer des déséquilibre en matière dl'investissement privé (les pays de l'Euro-Mark étant en principe plus fiables), mais ces déséquilibre existent de toute façon à l'échelle des pays de la zone euro aujourd'hui...

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