Les banques centrales encore au secours des banques privées

trichet

On pensait qu'après le plan de sauvetage bancaire en 2008 ainsi qu’avec les bénéfices réalisés courant 2009/2010, les banques seraient sorties d'affaire. Aujourd'hui on se rend compte qu'il n'en est finalement rien, continuant sur la même lancée, ces dernières ne sont toujours pas en mesure de faire face à une nouvelle crise.

Le crédit se resserre

Pour reprendre brièvement la situation, durant la crise 2008, les banques ont été clairement en danger. Un risque de solvabilité engendré par la perte de liquidité sur le marché interbancaire. Pour éviter cela, les Etats et les banques centrales ont largement soutenu le secteur bancaire en dépit d'accroître leurs dettes (ce qui a permis aux agences de notation de se faire connaître).

Ensuite, durant la phase 2009/2010, un espoir de sortie de crise se profilait. Cela va sans dire que les banques, totalement insoucieuses ont remis en marche leur système pré-crise. Donc, elles ont largement favorisé l'accès au crédit grâce au taux directeur accommodant de la banque centrale européenne et donc ont maintenu leur taux de fonds propres assez bas.

Aujourd'hui, le problème de 2008 revient sur la scène internationale. Les marchés obligataires perdent chaque jour en liquidité, cela est dû à une perte de confiance entre les établissements. C'est un cercle vicieux, moins les banques ont confiance et moins elles prêtent à leurs voisines, et donc le risque de solvabilité croît et en conséquence elles prêtent encore moins. Le problème grec n'étant pas réglé, le spectre d'une nouvelle crise de liquidité refait surface, or, les banques n'ayant pas amélioré leur situation en fonds propres durant les années de relâchement, se trouvent une nouvelle fois en face d'un problème de financement et sont obligés de limiter les crédits et donc de freiner l'économie.

Les banques centrales tentent d'éviter la contagion

La BCE n'est pas d'habitude très interventionniste et notamment de par la direction actuelle, cependant, aujourd'hui la situation oblige. Jean-Claude Trichet a annoncé une série de mesures exceptionnelles le 5 Octobre dernier. Celles-ci sont des opérations de financement des banques privées qui seront menées cet hiver. La banque centrale a promis un montant total de 40 Milliards d'euros.

Le but n'est pas de relancer l'économie, ce genre d'idée n'est pas très apprécié par la gouvernance de la banque centrale. Ces injections monétaires servent juste de pansements pour éviter que les banques soient en défaut sur leurs créances à court terme. Si la BCE voulait donner une politique de relance, elle commencerait par abaisser son taux directeur, mais elle ne semble pas véritablement encline à cela.

Pourtant, le FMI y est très clairement favorable. En effet, ce dernier pense que l’Europe pourrait aisément appliquer une politique plus accommodante envers l’économie. Evidemment, il est question d’abaisser le taux directeur, les risques de voir l’inflation et la croissance baisser inquiète le fond, une crise déflationniste demeure le pire scénario envisageable. Le FMI devient bien plus keynésien qu’il ne l’était il y a quelques mois sous la direction de Dominique Strauss-Kahn. C’est une forme d’inversion de rôles, Strauss-Kahn plutôt vers la rigueur et Lagarde plutôt vers la relance. 

En conclusion, nous remarquons une fois de plus que le risque d’une crise aggravée se propage rapidement. Face à cela, les banques centrales désirent soutenir le secteur bancaire sans vouloir aider l’économie à se soulever. La BCE a plus peur de voir une inflation à 3% qu’une déflation à -1%, la désinflation compétitive dont Jean-Claude Trichet est le gardien pourrait bien se payer. Il serait peut-être temps de mettre un terme à cette orthodoxie. 

 

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  1. En effet, les stress tests ne servaient pas autres but que la communication, le but était de montrer au monde que le système bancaire est bon. Mon avis sur les stress-tests: http://www.forexagone.com/blog/143-la-pretendue-solidite-du-systeme-bancaire-europeen-est-elle-credible

    Difficile de voir vers où on va, d'autant plus que les politiques naviguent totalement à vue en suivant le cap electoral...

  2. la banque dexia avait réussie les fameux stress tests qui selon moi étaient des stress tests à 2 francs.

  3. on va aller que les banques européennes vont bientôt être ds le caca,que les états vont être obligé d'injecter des milliards dans les banques pour éviter leurs faillites malgré leur dettes qui sont déjà insupportables et que ces mêmes dettes vont forcément augmenter encore ce qui va signifier une impossibilité de rembourser les prêteurs donc des notes de pays comme la France qui vont baisser donc perdre le triple A ce qui va renforcer l'impossibilité de rembourser cette dette étant donné que les taux d'intérêt de ces prêts vont augmenter
    et les pays occidentaux vont se retrouver ds une situation semblable à celle de la grèce avec de la rigueur qui va tuer la croissance et donc faire encore augmenter la dette des pays occidentaux,un cercle vicieux impossible à résoudre.
    pour résumer ns allons ns retrouver dans une grande dépression comme cela c'est produit ds les années qui ont suivi le crack de 1929 en espérant que la solution trouvée par nos chers élus ne sera pas une guerre pour relancer l'économie.

  4. Je vais me la jouer apprentis en "philosophie macro-économique" (en plus c'est pas du tout mon domaine!). Mais je me pose une question générale depuis un moment. D'autant plus que c'est la troisième période économique difficile que le monde rencontre depuis une décennie (sauf s on estime que les difficultés de 2001 ne sont dues qu'à l'effondrement des Twin Towers), alors que nos amis Kondratieff et Juglar ne prévoyaient guère qu'une crise majeure tous les 80 ans (OK pour les subprimes) et un cycle des affaires tous les dix ans environ (est-ce qu'on peut parler "d'affaire" en ce moment, alors que le problème est aussi budgétaire au niveau étatique?).

    Etant donné que les taux directeurs pratiqués par les banques centrales des principales puissances économiques occidentales sont déjà particulièrement faibles, est-ce qu'on peut considérer que le système commence à s’essouffler définitivement? Je développe: les Etats s'endettent malgré le financement des banques, ces dernières craignent l'épidémie au "moindre" défaut de paiement, et les banques centrales ne savent bientôt plus quoi inventer pour aider le porte-monnaie de tout ce beau monde (assouplissement quantitatif, mesures de rigueur budgétaire, etc. etc.)! Il faut quand même réaliser que tous les plans de relance et de refinancement actuels se font à coup de centaines de milliard, ce qui représente à chaque l'équivalent d'un très très gros paquet de richesse... On va aller jusqu'où comme ça? Jusqu'à la prochaine, ou même pas?

    Voilà, j'espère lancer le débat, même si le sujet de l'article reste le refinancement des banques...

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