La prétendue solidité du système bancaire européen est-elle crédible ?

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Tout au long de la crise, de nombreuses institutions n'ont cessé d'affirmer la faiblesse des banques et notamment européennes. Visiblement, d'après les fameux « stress -tests », il semblerait qu'il n'en soit rien. Cependant, Christine Lagarde, actuellement patronne du FMI, se dit en faveur d'une recapitalisation rapide du secteur bancaire.

En quoi les banques européennes pourraient être en danger ?

Tout simplement, à cause de leur exposition au risque grec. En effet, longtemps la dette grecque a été considérée comme fiable, de ce fait, les banques européennes et notamment françaises ont fortement prêté à la Grèce. Celles ci n'ont pas seulement offert des crédits en faveur de la péninsule hellénique, mais aussi à d'autres pays méditerranéens qui, aujourd'hui se trouvent de la même manière, en difficulté. Ainsi, les banques, pour cause d'une forte proportion d'actifs à risques dans leur bilan, se trouvent dans une situation relativement instable de par l'incertaine conjoncture qui se profile à l'avenir.

Pourtant les stress-tests étaient bons

En effet, pour la France, toutes les banques ont passé le stress-test avec brio, et sur l'ensemble de la zone euro, seulement huit établissements n'étaient pas aux normes. De la sorte, ce sont cinq banques espagnoles, deux banques grecs et une autrichienne qui sont en manque de fonds propres. D'après, l'ABE (Autorité Bancaire Européenne), il semblerait que la carence se chiffre seulement à 2,5 Milliards d'euros pour l'ensemble des firmes.

Difficile d'avaler de telles couleuvres me semble t-il, à peine sur trois pays à risque, la Grèce, le Portugal et l'Irlande, l'encours global pour les banques européennes se chiffre à plus de 100 Milliards d'euros. Les stress-tests ne prenaient pas en compte le risque d'une forte dégradation de l'économie européenne dans le courant de l'année. En effet, dans le pire des scénarios envisageables, la simulation a été portée pour une baisse de 0,5% du PIB européen en 2011 et 0,3% en 2012. Croissance européenne prévue à 2% en Juin, les estimations aujourd'hui sont déjà abaissées à 1,7% et certains économistes (mêmes nombreux) sont bien plus pessimistes encore. Le modèle du pire, pourrait rapidement se voir dépasser par la situation en cours.

La position des titres reflète bien le contexte dans lequel les entreprises sont placées. Si les cours chutent, c'est que les investisseurs pensent à un avenir médiocre pour ces diverses firmes. Depuis ces stress-tests, les titres bancaires se sont effondrés, à partir du 1er Juillet, l'action du crédit agricole s'est vue amputée de près de 40% de sa valeur initiale. La dégringolade est similaire sur l'ensemble des titres du secteur bancaire. Ce désarroi boursier montre bien entendu le trouble structurel, on peut accepter que les rumeurs puissent catalyser le mouvement, mais il faut nécessairement du concret pour maintenir une telle baisse plusieurs mois durant.

L’hypothèse sous entendue précédemment, demeure bien sûr que ces stress-tests sont totalement faussés par rapport à la conjoncture présente. Ce sont simplement des mesures de communication qui visaient à éviter une forte chute, effectivement durant trois jours la situation s'est stabilisée. Néanmoins, le mois suivant, un très fort cycle baissier est venu effacer cette légère correction. Feriez vous confiance dans le travail d'un étudiant qui valide son année avec 5 de moyenne ? C'est la même question qui s'est posée aux investisseurs à la suite de ces stress-tests.

La recapitalisation du secteur bancaire

Christine Lagarde, actuelle directrice du FMI, s'est exprimée au sujet de la sécurité bancaire, elle a ainsi appelé aux banques à une recapitalisation d'urgence. Plus la capitalisation d'un établissement bancaire est forte, plus il pourra passer efficacement une crise et donc réduire au maximum le risque de solvabilité. 

Le problème inhérent à une recapitalisation massive, demeure la baisse de l'octroi de crédits. Cependant, nous observons déjà un repli du nombre de créations d'entreprises, certes cela vient d'une part du contexte économique morose mais aussi de l'attitude du milieu bancaire. De la sorte, la baisse du nombre de ces créations d'entreprises témoigne d'une plus forte restriction au niveau des prêts de la part des banques, cette diminution des crédits, nous indique à fortiori une volonté de recapitalisation des banques. Il semblerait donc que le secteur bancaire aient déjà anticipé l'appel du FMI. 

Nonobstant, afin de ne pas discréditer les stress-tests, les dirigeants européens de tout bords, ce sont rapidement empressés d'affirmer que la finance se portait bien et que de tels capitalisations ne seraient pas nécessaires à l'avenir. Les régulateurs demanderaient cependant, à la directrice du FMI, des explications plus amplement étayées sur les raisons de cette « urgence ».

En conclusion, nous remarquons encore de nombreux comportements erratiques parmi les hautes institutions mondiales et européennes. Le FMI nous offre une sorte d'avertissement sans fondements éclaircis voulant saper les travaux européens, cette annonce donne ainsi une crainte supplémentaire pour les investisseurs.  D'un autre coté, essayant de masquer l'angoisse se nichant dans le milieu bancaire, sous couvert de faux, l'Europe ne s'est pas gênée pour garantir au monde la fiabilité du système. Il est sûrement plus simple pour une banque de passer ces stress-tests que pour un élève  d'obtenir le bac.

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