Les agences de notation font frémir les marchés financiers et gênent l'Europe

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De plus en plus, le système d'évaluation des risques de défaut se trouve critiqué. S'il y a quatre ans, les agences de notation n'étaient pas du tout connues par le grand public, aujourd'hui il ne se passe pas une semaine sans entendre parler dans la presse économique. Néanmoins, il semblerait qu'elles fassent du zèle de nos jours.

Des dégradations en cascade pour les États européens

A chaque fois et de concert, les trois principales agences que sont : Standard & Poor's, Fitch rating et Moody's s'apprécient à dégrader la note de pays de la zone euro en difficulté. On croyait la tempête passée pour le Portugal, mais c'est très récemment que Moody's a dégradé sa note de 4 crans d'une traite. Ainsi, aujourd'hui d'après l'agence, le Portugal aurait une dette qualifiable de « spéculative ».

D'après le porte parole de la commission européenne : « Non seulement le timing de la décision de Moody's est contestable, mais elle s'appuie sur des scénarios absolument hypothétiques qui ne sont pas du tout conformes à ce qui est mis en œuvre ». Il est aisé de constater que cette fameuse commission n'apprécie guère le comportement qu'adopte les agences. Bien entendu, c'est toute l’Europe qui s'oppose aujourd'hui à ce système comme en témoigne les réactions de Francois Baroin ou bien de Wolfgang schäuble.

Il est vrai que Moody's s'amuse vraisemblablement à mettre de la mauvaise volonté, si hier les taux longs portugais étaient forts, aujourd'hui ils prennent 100 points de surcroît seulement sur l'annonce de Moody's. Pourtant, le gouvernement portugais adopte un plan de rigueur qui va au delà de l'exigence des prêteurs. Simplement car Moody's ne « croit pas » en la réussite de ce plan, elle se permet de dégrader de 4 niveaux la note portugaise . Bien entendu le marché obligataire suit l'indication sans broncher et sans réfléchir.

 

Le problème des agences

Le marché de la notation est principalement régit par les trois agences citées plus haut, même si d'autres petites agences s'essayent à faire surface, cette triade domine très largement. Ainsi, elles détiennent la quasi totalité du marché, cette structure de marché s'appelle un oligopole. C'est à dire un nombre restreint de firmes qui maîtrisent totalement le marché. Sans aller chercher la théorie micro économique, c'est une structure spécialement mauvaise et inefficace.

C'est le ministre des finances allemand qui est le premier à le critiquer, et qui au passage dénonce la décision de moody's. Il semblerait que les agences s'acharnent sans vergogne à évincer les Etats européens, car en même temps que Moody's dégradait le Portugal, S&P critiquait le plan de Paris pour le sauvetage de la Grèce (plan faisant participer les parties privées). Selon l'agence, cette situation placerait la Grèce dans un « défaut partiel ».

Le véritable problème de ce système, est que chaque fois qu'une d'entre elles se manifeste, c'est une parole divine qui en ressort. On ne peut pas contester la décision d'une agence, car en soi elle ne gouverne rien, elle ne fait qu'afficher ses perspectives de sûreté pour des États ou des entreprises. Dès lors qu'une agence s'avance dans un sens ou un autre, les taux longs montent ou descendent spontanément et sans appel. Les prêteurs ne se fient uniquement qu'aux agences, or celles ci ne sont que trois, ainsi il n'y a pas vraiment de consensus, imaginez vous une enquête d'opinion proposée à trois personnes et dont le résultat régirait la finance mondiale...

Ce qu'il faut, et comme tout le monde le sait mais ne l'admet qu'à cette heure, c'est un marché concurrentiel. C'est à dire de nombreuses agences réparties sur le globe, ainsi elles ne pourraient pas se permettre des comportements erratiques. La présence d'un consensus global et objectif à travers le monde permettrait de marginaliser les agences qui voudraient en faire trop ou cherchant à devenir le juge du monde. Aujourd'hui, la triade s'apprécient à donner lieu à des prophéties qui au final s'auto-réalisent. Par exemple, aujourd'hui Moody's veut nous faire comprendre sur des arguments purement hypothétiques que le plan du Portugal ne fonctionnera pas, alors elle baisse la note. Mais c'est en baissant la note qu'elle accroît la dette du Portugal et donc son risque de défaut. En conséquence à la fin le plan n'a pas marché, l'agence a eu raison, mais c'est à cause d'elle que la manœuvre aura échoué. Il est facile de connaître la sanction lorsqu'on est le juge...

En conclusion, on retiendra des agences de notation qui tendent à porter des jugements lourds de conséquences et pourtant très subjectifs. Sans l'avouer il nous apparaît que les agences américaines s'égayent de bon coeur à couler la zone euro. Face à cela les grands dirigeants européens s'insurgent et désirent dès à présent réformer le système mondial de notation.

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  1. On peut effectivement douter de leur indépendance tant les liens des dirigeants de ces agences avec les pouvoirs politico-financiers sont évidents. De plus on a appris récemment (audition au Sénat) que les analystes sont souvent pris entre le marteau et l'enclume et soumis à de délais intenables.

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